Pourquoi sommes-nous fascinés par les photos de lieux abandonnés ?

Photo par Rob - Cliquez pour la voir sur Flickr

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C’est marrant cette fascination pour les lieux abandonnés. Qu’y a-t-il en effet de plus triste, de plus mort, de plus déprimant qu’un lieu abandonné ? Quelle joie, quelle réjouissance pourrait-on y éprouver ?

Et pourtant, il me semble que les collections de livres sur le sujet abondent depuis quelques temps. De Detroit à Tchernobyl, en passant par d’obscures îles en Asie, on y retrouve toujours la même trace, la même ambiance, cette atmosphère indescriptible de nostalgie du passé, d’un endroit jadis habité par les hommes, aujourd’hui rendu à la nature, dans lequel rôdent seulement encore les cafards, les rats, les animaux sauvages, renards, loups, lapins. Quelle fascination nous obsèdent tant pour que nous regardions ces lieux avec tant d’avidité ?

Un besoin de retour à la nature ?

La recherche de la preuve de notre faillibilité ?

La preuve que la terre, notre Mère, peut se passer de nous ?

En quelque sorte, n’y voyons-nous pas là une sorte de vision, de prédestination d’un monde dont l’homme serait désormais absent ? N’y recherchons-nous pas une sorte de satisfaction à voir un lendemain sans être humains, d’où la complexité aurait disparu ? Où les lois érigées par les hommes seraient devenues vaines ? Ou bien tout simplement, les ruines ne nous donnent-elles pas l’impression d’effectuer un voyage dans un univers passé, un univers que nous fantasmons et enchantons de nos rêves d’un monde meilleur, plus facile, plus beau ? Découvrir les rangs abandonnés de sièges d’un théâtre ne nous laisse-t-il pas imaginer un opéra avec tous ces spectateurs en smoking, en robes de soirée ? Les vestiges de cette usine ne nous soumettent-ils pas à la vision d’un monde où le travail, la force des uns faisait leur fierté de produire, de créer des objets ?

Oui, je crois que ces photos et ces ruines sont de puissants hallucinogènes qui nous permettent de nous envoler vers des temps révolus et de nous échapper d’un monde sans doute trop rationnel, sans surprises et sans inconnues.

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A propos Abstract Specis

Sketches, drawings, etc.
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2 commentaires pour Pourquoi sommes-nous fascinés par les photos de lieux abandonnés ?

  1. Ping : Pont à Marquette / Bridge in Marquette | Le Petit Becquart Illustré

  2. lesouffleurdemots dit :

    Merci pour ce petit partage! C’est étrange c’est vrai!

    J'aime

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