Voyage à Xaurboi : l’Entrepôt

Ancienne Usine à Roubaix

(lire l’article précédent)

Le lendemain, je remerciai mes hôtes et les quittai. Puis je repris mon voyage, traînant toujours derrière moi ma valise. Je commençais à devenir familier de ces rues, ruelles, passes, impasses, passages qui faisaient la géographie si particulière de Xaurboi. Je montai de nouveaux des escaliers tortueux sans fin, passai sur des ponts au dessus d’autres ponts, surplombant des vallées de toits et de cheminées, arpentai longuement des artères cheminant dans la masse de briques, de pierres et de fer de cette immense cité, croisant ses habitants, ces âmes voûtées au regard perdu, sans gaîté, sans joie, des êtres mort-vivants, dont un observateur avisé eut bien de la peine à comprendre les buts. Une foule immense grouillait dans cette fourmilière, une foule dont pas un individu ne semblait savoir où aller, errant interminablement de rue en rue, à la recherche de je ne savais quoi.

A plusieurs reprises, j’interpellai un passant pour demander mon chemin, mais personne ne daignait s’arrêtait pour me répondre, comme si ma question n’avait pas de sens ou d’intérêt. Aucune hostilité n’émanait de ces gens, ni aucune passion, ni aucun intérêt. Leur indifférence à mon égard était absolue et je me sentais dans Xaurboi comme un élément étranger, un parasite que rien ni personne ne rejetait.

A l’orée d’un groupe maison, j’aperçus un entrepôt. A cause d’une horloge au sommet de sa façade, il avait l’apparence d’une église, mais, à l’intérieur, personne n’y priait. Des hommes s’agitaient devant et rangeait des caisses dont le contenu me demeurait mystérieux. A nouveau je demandais mon chemin. L’un des hommes me regarda et prit mon papier, celui sur lequel était écrit l’adresse. Il se frotta le front enduit de sueur et me dit que « ça » ne lui disait rien. Il se retourna et demanda à ses camarades, mais aucun ne put donner de meilleure réponse.

Je leur demandais alors ce que contenait les caisses et ils me regardèrent un peu perplexe, puis toujours le même homme, le « chef » sans doute, me répondit qu’ils ne le savaient pas eux mêmes, qu’on leur avait demandé de les décharger devant l’entrepôt et que c’était ce qu’ils faisaient. J’aperçus effectivement un camion dont les autres descendaient les caisses en question, mais rien, aucun signe, aucune écriture ne laissait deviner leur contenu et je m’en étonnais auprès de l’homme. Il me dit qu’il ne posait pas de questions, qu’ils avaient toujours fait ça, lui et ses gars, décharger des caisses, et que, du moment qu’on les payait, ils continueraient à le faire. Alors apparut l’homme.

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A propos Olivier Sauvage

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