Voyage à Xaurboi : entre espoir et désespoir

Maison à Tourcoing

(lire l’épisode précédent)

Je désespérai. Depuis que j’étais arrivé à Xaurboi, personne n’avait pu me renseigner ou m’aider sur l’homme que je devais rencontrer. Il semblait n’avoir jamais existé et les chances que j’avais de le trouver me paraissaient infimes dans cette ville malade dont la géographie m’échappait de plus en plus. Plus je m’y enfonçais, plus j’y faisais de rencontre, plus je la défrichai, plus elle me paraissait grande, tentaculaire, innaccessible, sans fin, sans bout, sans possibilité de parvenir enfin à mon but. La seule chose que j’avais pour l’instant gagné était ce petit caillou noir emballé précieusement dans du papier que l’homme fou m’avait donné. Et il ne m’était d’aucune utilité, ni d’aucune valeur pour ce que j’en jugeai. Je me demandais déjà si je devais m’obstiner et continuer à chercher quelqu’un ou quelque chose qui, visiblement, n’existait pas. Et pourtant je sentais en moi la certitude profonde que je n’étais pas venu en vain, qu’IL, lui, l’homme m’attendait quelque part au fond de cette cité maudite. Quelqu’un devait le connaître, quelqu’un devait l’avoir vu ! Mais pour l’heure, je demeurais sans succès.

Je repris ma marche et arpentai à nouveau les dizaines de rues, ruelles, chemins et passage qui avait l’air de se croiser à l’infini, sans ordre apparent d’aucune sorte. Je me demandais comment les habitants de Xaurboi eux mêmes pouvaient s’y retrouver. Existait-il seulement un plan de la ville ? Quel urbaniste fou pouvait bien avoir conçu un tel chaos ? Et avec quel intention ? Une telle anarchie dépassait totalement ma compréhension et sortait de mon champ de conscience.

En plus de la soif, une faim insoutenable me tenaillait. Je n’avais presque pas mangé de la veille au soir et ce que j’avais avalé tenait plus de la soupe de prisonnier que d’un véritable repas. Et encore une fois, dans ce dédale sombre de briques et de pavés, il était impossible de repérer quoique ce soit qui ressemblât à une échoppe ou un bistrot. Où était passé l’hospitalité d’antan des habitants de Xaurboi ? Je me posais vraiment cette question tandis que je continuais, en tirant mon fardeau, à longer des fenêtres aux volets clos ou défoncés dont le visiteur que j’étais essayer vainement de s’imaginer quel peuple de l’ombre ils dissimulaient.

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