Voyage à Xaurboi : La Tour

Tour d'usine à Tourcoing dans la zone de l'Union

(lire l’épisode précédent)

Quelques instants après, j’aperçus devant moi une tour, une ancienne tour d’usine, plantée là au milieu de la prairie. Elle se dressait comme un donjon médiéval bien qu’elle n’en eut que l’apparence, car elle n’aurait sûrement pas pu supporter la moindre attaque e n’importe quel assaillant quel qu’il soit. Elle faisait une hauteur d’une quinzaine de mètre à peine, soit trois étages, et possédait une porte d’entrée sur le côté nord de son pourtour. Je m’en approchais avec une certaine curiosité mêlée de méfiance. L’idée de l’avoir construite là, perdue dans cette zone inhabitée, échappait à mon entendement. Mais je n’en étais plus à une énigme près depuis que j’étais à Xaurboi, cette ville si contraire à la logique humaine.

Comme un chat qui découvre un bout de viande fraîche, je tournai autour en l’examinant méticuleusement, prêt à m’échapper ou à m’enfuir à la moindre alerte. Mais rien ne bougea. Seul le souffle du vent sifflant entre les briques entretenait un soupçon d’activité. En dehors de cela, tout faisait penser à un tombeau plus silencieux qu’une ruine antique dans le désert. Le monde s’était éteint. Aucun gazouillis d’oiseau, aucun crissement d’insecte. Juste une sorte de silence surnaturel.

Sans savoir pourquoi, une tentation immense m’envahissait. Celle d’ouvrir la porte et de pénétrer dans la tour. Pourtant aucune raison particulière ne m’y poussait, mais je ressentais comme des vibrations émanant d’elle, comme des ondes, comme le chant de sirènes, me cajolant et m’attirant inéluctablement. Elles n’avaient rien de néfaste, mais leur appel était plus impérieux qu’un ordre divin et ma résistance fondait à vue d’oeil devant son chant. Peu à peu, je m’approchai de la porte et tendais ma main pour me saisir de la poignée et la tourner. En la posant sur ce vieux bouton de cuivre, un choc, comme une légère décharge électrique me traversa le corps jusqu’au cerveau et je sentis à nouveau plus fortement encore l’appel de la tour comme une irrémédiable nécessité. Je tournais la poignée, mais la porte résista. Et je dus faire appel à la force des pieds pour qu’elle cédât et s’ouvrit libérant de l’intérieur des relents d’humidité et de crasse nauséabonde, comme un caveau que l’on ouvre après des années pour y enterrer un nouveau mort.

(lire la suite)

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A propos Olivier Sauvage

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