Il tue sa femme avec une agrafeuse et se fait un sandwich

Kevin Teufla, notre stagiaire

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Par Kevin Teufla, stagiaire (tous ses articles)
Un homme et une femme avec une guitare

René n’a jamais été un tendre. Ancien para dans les commandos de l’armée de l’air. Puis gardien dans une cité HLM de la banlieue parisienne. Sa vie a toujours été placée sous le signe de l’autorité et de l’ordre. Sans enfants, à cause de ses testicules non descendues à l’adolescence, il se sera contenté toute sa vie d’engueuler ceux des autres et fait respecter l’ordre à sa manière, celle d’une autorité à l’ancienne, comme on pourrait dire. Sévère, mais juste. Fessées, galoches, tirages d’oreille, voire sévices corporels firent toujours normalement partie de son arsenal de répression, malgré les récriminations des parents de l’immeuble, outragés par ces méthodes. Mais René ne s’est jamais rangé à l’opinion des autres. Sûr de son fait, il a toujours appliqué les règles qui lui semblaient juste et méprisé les soi-disant nouvelles méthodes d’éducation, faites selon lui « pour les pédés et les travelos ». Il faut dire que René n’aimait pas trop bien tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une fiotte, une gonzesse, un noir ou un arabe. Non pas qu’on pouvait dire que René était un insupportable raciste xénophobe homophobe sexiste, mais, disons, que pour lui, l’acceptation de la différence par la société n’était que le signe évident du déclin de son pays, la France, phare de la civilisation occidentale, d’après son opinion personnelle. Il ne pouvait pas dire qu’il n’aimait pas les pédés, non. Simplement, il ne comprenait pas qu’on puisse s’exhiber en dansant dans la rue et en parlant comme une gonzesse. Cela non, il ne le tolérait pas. Un homme était un homme. Une femme, une femme. Point c’est tout. Et les femmes n’avaient qu’obéir aux hommes. C’était quand même plus simple. Ainsi, sa femme à lui, Gisèle, ne l’ouvrait jamais, même quand il pétait et rotait comme un porc devant la télé. Il était chez lui et il faisait ce qu’il voulait. C’était pas à cette salope de lui dire comment il devait se comporter. Il faisait comme son père qui faisait comme son père qui faisait comme son père et ainsi depuis des générations. Il ne voyait pas pourquoi ça changerait.

Aussi, c’est avec une joie non feinte, qu’il s’esbaudit lorsque Gisèle pour ses 57 ans lui offrit une agrafeuse électrique toute neuve achetée pour 39,99 € ttc au Leroy-Merlin du centre commercial d’à côté. Un engin magnifique, vraiment ! Exactement ce qu’il lui avait réclamé 3 semaines auparavant avec un clin d’oeil mystérieux.

Gisèle versa une larme de bonheur tant son René jubilait et riait de joie. Jamais depuis longtemps elle ne l’avait vu tant se réjouir. Si bien qu’il ne lui vint même pas à l’idée ce que pourrait faire son mari avec son agrafeuse, lui qui détestait tant bricoler. Elle lui avait même fait un gâteau au chocolat. Son préféré. Avec des smarties dessus et plein de crème. Mais il n’y toucha même pas et ouvrit sans façon l’emballage de la magnifique agrafeuse qu’il caressa d’un air lubrique et mystérieux. Puis il alla s’assoir dans le canapé regarder le journal de TF1 en sirotant un whisky bon marché.

Elle ne se douta pas un instant des intentions de son mari pendant qu’elle lui préparait son plat préféré :  un boeuf bourguignon au vin.

René avait-il pété un plomb, comme on dit dans le langage courant, ou avait-il prémédité son meurtre ? Personne ne le saura, ni le juge, ni la police. Incapables de tirer la moindre explication du bonhomme borné comme un bourricot. Toujours est-il que c’est vers 20h45, pendant la pub, et juste avant le film, que René prit son courage à deux mains et passa l’acte.

Après être allé chercher une rallonge électrique de 15m dans le fond du débarras, il brancha son agrafeuse et la chargea d’une bonne rangée d’agrafes. Puis, par surprise, il pénétra dans la petite cuisine où Gisèle finissait de préparer le repas et commença son oeuvre démentielle. Un coup, puis deux, puis trois. Puis toute la réserve d’agrafes y passa. Au début, elle crut qu’il lui faisait une blague, puis très vite Gisèle comprit que quelque chose de « pas normal » se passait, mais elle n’eut pas vraiment le temps d’y réfléchir au fur et à mesure que René lui lardait le corps d’agrafes. Elle tomba rapidement ce qui permit à René de continuer son oeuvre démoniaque. Il se déchaîna ! Toute la rangée d’agrafes y passa. Et pendant qu’elle nageait dans son sang, il alla chercher une autre rangée qu’il chargea prestement dans l’outil électrique et qu’il vida à nouveau dans Gisèle. Elle criait à peine tant la douleur l’étouffait. Quand la police découvrit son corps, on compta plus de 1300 agrafes dans son corps.

D’après le médecin légiste, elle ne mourut pas sur le coup et dut souffrir plusieurs heures avant de décéder.

Ce fut plusieurs jours après que le crime fut découvert.

Les voisins, intrigués par la puanteur qui se dégageait de la loge, et sans réponse clair de la part de René, se décidèrent à prévenir la police qui ne tarda pas à découvrir le pot aux roses. Dans sa folie, René n’avait rien fait pour dissimuler le crime. Bien au contraire, il avait laissé sa femme baigner dans son sang comme si de rien n’était. Quand il avait faim, il passait dessus et allait se servir dans le placard au fond de la cuisine. A l’arrivée des forces de l’ordre, il ne tenta même pas de fuir et se laissa mettre les menottes dans un état de semi hébétude, un rictus étrange à la bouche.

La seule réponse qu’il fit à ses détracteurs fut : « Je voulais me faire un sandwich ».

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A propos Olivier Sauvage

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