« Au Café de France » : le café de la Place de la Gare renaît

Photo année 50-60 du Café de France à Cabannes (13)

Fin des années 60, avec la mort de son propriétaire, le café ferme

Les plus anciens se souviennent encore de son ambiance de franche camaraderie, des bonnes soirées entre potes à refaire le monde, des matches du RC Lens à la radio. « Les Moules », c’était son nom, celui du petit café de la gare dont les portes avaient subitement fermés suite au décès inopiné de son propriétaire Jean Latruche après 60 ans de bons et loyaux service. Une fermeture qui avait laissé un vide dans le coeur des tronchonnois, tant attaché à ce petit établissement plein de bonne humeur et de joie d’autrefois, qui avait traversé les guerres (deux quand même !) et les révolutions, et même le socialisme sans jamais courber l’échine. Mais depuis la mort de Mr Latruche, personne n’avait repris la suite, même pas son fils, parti en Nouvelle Zélande élever des kangourous.

Ce fut donc avec un grand bonheur que Fernand Labrousse (encore un homme, à cette époque. Voir : il revient transformé en femme) reçut la demande de réouverture des Moules sous un nouveau nom : « Au Café de France ».

Une nouvelle venue dans la ville

Marine Laclanche, sa propriétaire, nous explique :

Le général Philippe Pétain

Une décoration pour le moins ambigüe

« Il manquait un vrai café français à Tronchon. Vous comprenez, je n’ai rien contre les kebabs, les restaus chinois ou les Mc Do, mais les vrais français préfèrent manger de la vraie nourriture bien de chez eux. Alors, je me suis dit qu’il était temps de leur redonner le choix de pouvoir manger comme chez eux dans leur pays et non pas des loukoums ou des nems. On est quand même chez nous, non ? »

Et à voir la décoration intérieur du Café de France, on ne doute pas de sa volonté de remettre un peu de « french touch » dans le paysage gastronomique de Tronchon.

« Ben, par exemple, là, vous avez un portrait du Général Pétain. Général, hein ? Pas quand il était Maréchal. Vous savez, c’est mal ce qu’il a fait contre les juifs. D’ailleurs, j’ai moi même un ami juif qui est très gentil, alors… hein ! »

Une décoration pour le moins originale

Et à côté du Maréchal, un portrait de Mr Laclanche, le papa de Marine, lorsqu’il était dans les commandos pendant la guerre d’Algérie.

« Vous savez, ça a été très dur pour lui, la guerre. Les kr… les arabes lui en ont fait baver. Heureusement qu’il était là pour la France. Vous imaginez si nous avions perdu la guerre, il y aurait des kebabs et des minarets partout ! Non, c’était un grand homme. »

Plus loin, derrière un pot de fleur, traîne une photo de Hitler à 20 ans quand il était dans les tranchées en France.

« Oh, lui, c’est un soldat allemand, pendant la guerre de 14. Je suis pour la réconciliation des peuples, voyez-vous. Les allemands ont beaucoup souffert de la guerre, comme nous, les français. Il ne faut pas l’oublier. »

Une carte bien de chez nous

Et qu’est-ce qu’on mange alors au Café de France ?

« Rien que du bon, rien que bien de chez nous, clame haut et fort Mme Laclanche. Du boeuf bourguignon, de la tête de veau, des cuisses de grenouille, des quenelles, de la tarte tatin. »

Des frites ?

« Des frites ? Nooooon ! réplique Mme Laclanche. Bien que je n’ai rien contre les belges, les frites, c’est belge, alors, vous comprenez dans un restaurant français. »

Nous ne comprenons pas vraiment, mais nous continuons quand même notre visite du restaurant sous la houlette fervente de Mme Laclanche. Soudain, au travers de notre chemin, se dresse une silhouette imposante et bonhomme, le cuisinier.

Un cuisinier nommé Rachid

« Ca, c’est Rachid, notre cuisinier ! clame bien fort en riant, Mme Laclanche. »

Avec perplexité, nous lui expliquons notre surprise. Quoi, un français d’origine magrébine dans un restaurant français ?!

« Oui, mais vous comprenez, les français ne veulent plus bosser. On est bien obligé de passer par les kr.. les arabes pour faire ce genre de boulot. Et en plus, ils acceptent de travailler pas cher, alors… (un clin d’oeil de Mme Laclanche), vous me comprenez… »

Ce que nous comprenons, c’est que Mme Laclanche n’en est pas à un paradoxe près.

Alors si vous ne connaissez pas encore le Café de France, et pendant les premiers jours, un bon de réduction de 5€ sera offert sur présentation de sa carte d’identité française (ainsi que celle de ses parents) à tous les lecteurs du Petit Becquart.

Bonne découverte !

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Un commentaire pour « Au Café de France » : le café de la Place de la Gare renaît

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