L’admiration baba de la Sillicon Valley permet-elle de tolérer toutes les pratiques commerciales ?

Taxi Parisien

Photo de Alejandro Polanco (cliquez pour agrandir)

En France et en Europe, j’ai l’impression, qu’on aime bien se tirer des balles dans le pied. On peut sans contradiction admirer  des entreprises étrangères, des réussites phénoménales, selon des critères entrepreneuriaux, dont pourtant l’agressivité, la moralité, voire l’honnêté vont à l’encontre de tous les intérêts de nos propres entreprises. Je ne prendrais pas ici l’exemple de Amazon, tant il est galvaudé, mais de celui d’Uber qui fait aujourd’hui l’actualité, et de son service Uber Pop qui crée une concurrence (à vous de juger ou pas) déloyale envers les taxis.

Qu’est-ce qui cloche avec Uber Pop ?

Ce n’est pas tant l’innovation, la mise en place d’un service surfant sur un besoin réel des utilisateurs et jouant sur le rejet d’un secteur (les taxis parisiens) totalement conservateur et campé sur ses avantages aquis de longue date et jugé, souvent, totalement abusif.

Le débat, pour moi, n’est pas de savoir s’il faut modifier la législation à propos des taxis, qu’ils soient parisiens ou pas. Ou de savoir s’ils font bien ou pas leur boulot. Ou s’ils sont trop chers ou pas. Mais plutôt de dénoncer une entreprise, Uber, qui marche allégrement sur toutes les platebandes de la loi avec un cynisme époustouflant et un mépris total des gens sur qui elle fait son beurre.

A Paris, en tout cas, et comme le répète cet article du Monde, le sujet qui fâche, c’est le maraudage, réservé en principe uniquement aux taxis, mais, en pratique, largement utilisé par les chauffeurs d’Uber. Il est donc interdit par la loi pour ces derniers. Mais comme les décrets d’applications qui doivent permettre de la faire appliquer ne sont pas parus, cette loi reste lettre morte. Et pendant ce temps Uber en profite. En continuant à gagner de l’argent, en faisant travailler illégalement des gens, avec un risque somme toute limité. Car, que peut faire en l’état véritablement la France contre cette société ? Apparement, pour l’instant, pas grand chose.

Ca s’appelle tout simplement de la triche

Mieux encore (ou pire) ! Non seulement Uber exerce une activité illégale, mais en plus, elle ne paye pas de charges sociales ou de retraites à ses chauffeurs, puisque son siège est basé aux Pays Bas. Dès lors, on comprend mieux le succès d’Uber. En ne payant pas ce que paye ses concurrents, elle ne peut que gagner. Ca s’appelle tout simplement de la triche, mais ça ne semble pas émouvoir les admirateurs béat de la Sillicon Valley. Il n’y a aucun miracle, sinon dans la capacité des startup américaines à passer par les moindres mailles des filets législatifs européens qui leur laissent le champ libre pour bouleverser un marché et s’en emparer.

Deux leçons à en tirer :

1) Arrêtons de croire que les américains sont plus audacieux, imaginatifs que les européens. Ils ont juste de meilleurs avocats 🙂

2) Redoublons d’efforts pour bâtir l’Europe ensemble, et non pas les uns contre les autres.

On verra ensuite si les Amazon, Google, Apple, etc… arriveraient aussi bien à dominer les marchés européens.

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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