Playdoyer pour la suppression des dimanches

Le Professeur Ramirez est aussi l'auteur de "L'esclavage : une solution contre le chômage ?"

Le Professeur Ramirez est aussi l’auteur de « L’esclavage : une solution contre le chômage ? »

Chaque année, la question ressurgit et vient déclencher la polémique : faut-il supprimer les dimanches ? Et effectivement, le dimanche, ce jour oisif, placé en fin de semaine, n’est-il pas un obstacle à la lutte contre le chômage ? En ne travaillant pas ce jour, les français ne creuseraient-ils pas leur propre tombe ? La question mérite d’être posée. Et c’est à un spécialiste de l’économie, auteur de « Supprimons le dimanche et les jours fériés ! », le Pr Ramirez que nous nous sommes tournés pour l’élucider.

Le Petit Becquart : Mr Ramirez, on dit que les français ne travaillent pas assez. Qu’ils préfèrent s’amuser, avoir des loisirs, s’occuper de leurs enfants ou passer du temps avec leurs amis, que travailler. Que pensez-vous de cette situation ? N’est-ce pas un risque, un jour, comme l’affirme notre confrère Jean-Helmut Papon (auteur de La semaine de 8 jours), de nous faire dépasser par les chinois, qui eux n’hésitent pas, en moyenne à travailler plus de 90h par semaine ?

Mr Ramirez : Effectivement, les études que j’ai menées récemment montre clairement que le dimanche n’apporte aucune plus value à l’économie française. D’ailleurs, quand on les interroge, les français indiquent clairement qu’ils n’aiment pas le dimanche :

– 73% déclarent qu’ils se font chier

– 58% préféreraient (je parle des hommes) rester au bureau plutôt que de passer le dimanche en famille

– 99% trouvent qu’il n’y a rien à la télé ce jour là et qu’ils préféreraient remplir un tableau Excel

– 100% ne supporte pas l’effet « comme un lundi » qui se produit le lendemain du dimanche

En supprimant les dimanches, on résoudrait tous ces problèmes à la fois.

En supprimant les dimanches, le chômage disparaîtrait

Jean-Helmut Papon défend lui la semaine de 8 jours pour allonger la durée du travail

Jean-Helmut Papon, collaborateur au Petit Becquart, défend lui la semaine de 8 jours pour allonger la durée du travail

Le Petit Becquart : Vous êtes un apôtre du travail qui, pour vous, serait l’accomplissement personnel ultime. De la même manière, vous pensez qu’il y a trop de jours fériés en France. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Pr Ramirez : Oui. Pendant que les français profitent en toute inconscience de leurs jours fériés, ils ne se rendent pas compte, pendant ce temps là, que les chinois travaillent. On a calculé qu’en moyenne, un jour férié supprimé permettrait de gagner un point de croissance. Le calcul est simple : supprimez tous les jours fériés, la croissance atteindrait près de 30% et le chômage serait résorbé en 6 mois. Je crois que c’est clair.

Le Petit Becquart : Alors pourquoi ne le fait-on pas ?

Pr Ramirez : Je ne sais pas. Par manque de courage politique certainement ! A droite comme à gauche, depuis 40 ans en France, personne n’a sur prendre les mesures qui s’imposaient. On préfère faire du dialogue social, du consensus, faire des demi-mesures qui ne changent rien. On manque de couilles ! Même votre Petit Nicolas, là, il n’a rien fait. S’il avait vraiment eu le courage de faire ce qu’il disait, plutôt que d’aller bouffer dans un restau de luxe avec ses potes milliardaires, il aurait appliqué les mesures que je lui ai conseillé et il aurait été réélu haut la main. Mais bon, il s’est avéré être un lâche, autant que la fraise des bois.

S’il avait fallu inventer un mot pour lâcheté, il y aurait eu François Hollande.

Le Petit Becquart : François Hollande, lui, non plus ne vous écoute pas ?

François Hollande lors des négociations sur la durée hebdomadaire du travail

François Hollande, ce faible.

Pr Ramirez : François Hollande, ah ah ah ! S’il avait fallu inventer un mot pour lâcheté, il y aurait eu François Hollande. Il n’y a pas plus froussard que lui ! Un vrai poltron qui cache sa tête dans sa coquille à la moindre opposition. Tenez, l’autre jour, il me demandait comment je ferais pour empêcher les camionneurs de faire la grève et les faire rentrer dans le rang. Moi, je lui ai dit que le plus simple, ça aurait été de leur faire tirer dessus avec des chars, comme si on avait été en guerre. Mais lui, non ! Il m’a dit qu’il préférait la négociation, même s’il trouvait l’idée des chars amusantes. Comment voulez-vous qu’on fasse avancer les choses dans ces conditions là ?

Le Petit Becquart : En effet… Par ailleurs, vous êtes un ardent défenseur des 90 heures… par mois ?

Pr Ramirez : Non, non, c’est par semaine. Là encore, je n’invente rien. Il s’agit du résultat d’une étude qui montre que plus les gens travaillent par semaine, plus ils produisent. On a calculé que 90 heures par semaines était le temps possible de travail sans que les gens meurent d’épuisement au bout d’un mois. Comme quoi, on a encore de la marge.

Le Petit Becquart : Mais vous croyez que ça va être possible, dans le pays des 35 heures, de faire passer une telle réforme ?

Tout est une question de volonté

Pr Ramirez : Tout est une question de volonté. Si les français veulent qu’il n’y ait plus de chômage, il faut qu’ils se prennent en main. Ce n’est pas en bossant au même rythme qu’un fonctionnaire chinois à mi-temps qu’ils y arriveront. Il faut être réaliste. Travailler 35 heures par semaine, ça revient à vouloir traverser l’Atlantique à la  rame, alors autant vous dire qu’on est pas sorti de l’auberge si on continue comme ça. Moi, je me souviens : mon grand-père qui travaillait heureusement pour une grande mine d’or dans le sud du Pérou travaillait 70 heures par semaine. Jusqu’à sa mort, à 35 ans, il ne s’est jamais plaint. Et croyez-moi que le propriétaire de la mine était prospère. Alors, vous voyez qu’il y a moyen de faire évoluer les choses.

Un visionnaire : Ramsès II employait des milliers d'esclaves pour fabriquer toutes sortes de trucs. Ils acceptaient bénévolement de travailler 24h/24 pour leurs maître. Une période bénie.

Un visionnaire : Ramsès II employait des milliers d’esclaves pour fabriquer toutes sortes de trucs. Ils acceptaient bénévolement de travailler 24h/24 pour leurs maître. Une période bénie.

Le Petit Becquart : Vous défendez également le travail des enfants. Vous ne croyez pas que ce serait un retour en arrière ?

Pr Ramirez : Ecoutez. Il y a beaucoup de familles en France qui n’arrivent pas à finir le mois avec leur maigre salaire. Ils seraient bien content si leurs enfants les aidaient à arrondir les fins de mois. Disons 35 heures par semaine en plus de l’école, ça me parait réaliste. Ainsi, on aurait une masse de main d’oeuvre supplémentaire, en cas de demande soudaine, malléable à merci et, surtout, pour des salaires moindres que leurs parents. Il n’y aurait pas de honte à ça, puisqu’un enfant, au top de sa forme, a du mal à égaler la force d’une personne adulte. C’est la loi de l’offre et la demande.

Le Petit Becquart : Ca aussi, vous en avez parlé au Président ?

Pr Ramirez : Oui, mais il a rit. Quel idiot ! Décidément, ce type ne comprend rien à l’économie. Je n’ai pas peur de vous le dire, mais vous êtes bien mal barré en France.

Le Petit Becquart : Professeur Ramirez, merci !

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A propos Olivier Sauvage

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