La liberté comme motif d’entreprendre

Lorsque j’ai créé ma première entreprise, je ne savais vraiment pas où je mettais les pieds.

Entrepreneur, j’imaginais, c’était être le chef, c’était être dynamique, c’était prendre des décisions importantes, c’était manager des hommes et des femmes, c’était faire partie d’une sorte de race supérieure tandis que les autres, les petits salariés n’étaient qu’une bande de poltrons trop attachés à leurs privilèges pour oser se lancer dans l’aventure.

Je n’avais pas forcément beaucoup d’ambitions, mais je ne m’interdisais pas, parfois, de rêver, et de me voir, tout comme un certain chanteur à l’aube de sa carrière, en haut de l’affiche. Je me levais tôt, très tôt, pour reprendre l’antienne d’un ancien président. Je faisais partie de la France qui se lève tôt.

Et je me couchais tard. Et parfois même, je ne dormais pas du tout.

J’avais la conviction ancrée que si je m’arrêtais de travailler, mon monde s’effondrerait. Que si je me reposais un instant, je ne parviendrais jamais à mes buts, quoiqu’ils furent très obscurs pour moi. J’avais autant peur que j’avais confiance en moi. Un jour, je pouvais croire fermement que toute mon aventure était en train de s’arrêter. Le lendemain (après avoir signé un contrat, en général), je voyais l’avenir en rose et j’imaginais la presse louer mes qualités géniales d’entrepreneur.

Il y a toujours eu en moi cette part de confiance effrénée dans ma personne, mais également ce sentiment oppressant et permanent de tout rater. J’ai toujours été pris entre ces deux feux ne comprenant pas pourquoi l’un ne pouvait pas fonctionner sans l’autre.

Les années ont passé et après plus de 10 ans d’aventure, je peux le dire aujourd’hui, j’ai enfin réussi ma vie d’entrepreneur, mais elle n’est pas du tout celle que j’imaginais.

Je crois que la plus grande chose que j’ai gagné en devenant entrepreneur, c’est la liberté.

La liberté de me dire le matin quand je me lève que je peux faire ce que je veux. Rester au lit encore un instant ou bien foncer sur mon ordinateur pour accoucher d’une nouvelle idée ou bien encore travailler ou bien ne pas travailler. Tout est devenu possible. C’est vraiment cette liberté de choisir mon emploi du temps comme je le veux qui me tient.

Il y a aussi cette liberté de me déplacer. Rien ne m’oblige à aller au bureau tous les matins. Je peux arriver à l’heure que je veux, éviter les embouteillages. Si je n’ai pas envie de venir, je peux aller à Paris assister à un salon ou à une conférence. Je suis aussi souvent en déplacement à droite et à gauche, à Paris, dans le sud, dans le nord, pour voir mes clients. Et j’aime beaucoup cette possibilité de pouvoir ne jamais être au même endroit quelque soit le jour de la semaine.

Mais cette liberté, je ne l’applique pas qu’à moi. Je l’applique aux autres aussi, car depuis que je suis entrepreneur, je peux aussi m’occuper plus de mes enfants : les conduire à l’école, à leurs activités, chez le médecin. Je peux aussi être plus présent pour ma femme, pour l’aider dans ses activités et aussi dans la tenue de notre ménage, moi, qui ait une très forte propension naturelle à fuir toutes les tâches domestiques. Mon entourage aussi en bénéficie.

Et tout cela, je peux le mixer à ma façon et en faire un mode de vie où je suis disponible pour les autres, à la fois dans le travail et dans la vie privée. C’est un véritable trésor que je choie et dont j’ai conscience qu’il fait de moi un véritable privilégié.

Mais cette liberté, je l’ai choisie et je me suis battu pour l’avoir, avec parfois des dommages collatéraux irréparable (une séparation, par exemple). Je ne l’ai pas volé, comme on dit, et je dois dire que j’en suis assez fier et que, aujourd’hui, c’est vraiment la raison principale qui m’a poussé à devenir ce que je suis. Pas l’argent, pas la gloire, pas la puissance, mais la sensation que je dirige ma vie comme je l’entends et que personne ne peut m’obliger à faire autrement. Et je trouve que cela n’a pas de prix. Et c’est sans doute pour cela que je suis devenu entrepreneur.

Publicités

A propos Abstract Specis

Sketches, drawings, etc.
Cet article, publié dans Réflexions, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s