Des hommes ordinaires

Je viens de finir pour la deuxième fois ce livre extraordinaire : Des hommes ordinaires, Le 101ème bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne.

Des_hommes_ordinaires_le_101eme_bataillon_de_reserve

La couverture du livre chez Texto où l’on voit des hommes du bataillon boire un verre lors du jour de Noël.

Ce livre me fascine parce que c’est un des premiers que je lis qui va au coeur de la Solution finale vue du côté des tueurs, en l’occurence, les hommes d’un bataillon de police hambourgeois. Des hommes, comme le dit le titre, « ordinaires ». Des hommes, de classe sociale modeste pour la plupart, que le régime nazi a réussi, presque assez facilement à transformer en tueurs de masses, presque comme si de rien n’était.

Avec des détails incroyablement précis, Christopher R. Browning, l’auteur, montre comment petit à petit, ces policiers ont été transformés en machines à tuer. Il ne fait aucun détour. Son récit est très souvent horrifiant, parfois pathétique, mais surtout, il surprend. Il m’a surpris. Car, contrairement à ce que peut-être l’on peut penser en général, certains de ces hommes ont refusé de tuer. Et non seulement, ils ont refusé, mais ils n’en ont pas été châtiés pour autant par le régime nazi. Ou alors, bien peu.

Je n’y vois pas une note d’espoir. Ni une excuse pour certains, mais en tout cas, la possibilité du choix. Celui de s’opposer à la pire des tyrannie. Bien que, en réalité, ça n’a jamais été facile dans le troisième Reich, pas moins que n’importe quelle dictature.

En tout cas, je vous conseille de lire ce livre si vous cherchez réellement à comprendre comment les meurtres de masse des nazis ont été rendus possibles, et comment, ils ont utilisés les allemands pour le faire. Attention, n’allez pas croire que c’est un livre qui innocente les bourreaux d’aucune sorte. Christopher Browning le précise bien dans son préambule. Mais c’est bien un livre qui cherche des explications (et qui en fournit) et qui permet aussi d’imaginer comment il est toujours possible d’arriver à de telles dérives.

C’est donc aussi un livre politique, presque, en plus d’être un livre historique. Pour moi, un des meilleurs livres sur la seconde guerre mondiale, ou, du moins, sur le nazisme.

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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