Dans la chaleur du lavomatic

Carrelage-abstrait

J’ai été hier au lavomatic pour la première fois depuis longtemps. Les faits m’y ont un peu forcé, je dois dire, mais ce ne fut pas avec un sentiment désagréable que je m’y rendais. Au contraire ! Je pense que le lavomatic peut-être un endroit formidable pour faire des rencontres.

Quand je déposais mon sac de linge sale sur le carreau, il n’y avait, à vrai dire, pas grand monde. Un étudiant qui pliait soigneusement ses chaussettes. Un autre type comme moi, qui devait aussi sans doute espérer faire des rencontres. Deux étudiantes chinoises.

Je me sentais tout chose là dedans. Devant réapprendre les gestes simples de la laverie. 1) lire les instructions 2) introduire la monnaie quelque part 3) mettre de la lessive dans une machine 4) et bien sûr, mettre le linge dans la machine 5) attendre.

Trouver une place me semblait également un important mouvement stratégique. Où se mettre en attendant que la lessive se fasse ? Proche du type comme moi ? Des étudiantes ? Collé à quelqu’un d’autre ? Pas trop collé ? Seul dans un coin ? Je choisissais d’accaparer un rang de 3 sièges en éparpillant un peu mes affaires avec un message du genre « Ne vous approchez pas de moi, ceci est mon territoire et je ne désire pas être dérangé. » Ce qui était vrai. Cette première incursion ne devait pas être destinée de toute façon à faire des contacts. Car j’avais décidé de marquer le coup en faisant un croquis de l’endroit (voir ci-dessous).

Le choix de la machine est un choix de la plus haute importance stratégique

Le choix de la machine est un choix de la plus haute importance stratégique. Croquis réalisé sur place puis peint à l’encre à la maison.

Pourquoi venir à la laverie alors que je pourrais m’acheter une machine ?

Eh bien, parce que je pense que la laverie présente beaucoup d’avantages au fait de posséder un engin qui tourne très vite et fait du bruit, pour le peu que la laverie ne vous oblige pas à prendre les transports en commun ou votre voiture.

La laverie, c’est sympa. Il y a toujours quelqu’un. On peut donc, comme je l’ai déjà dit, y faire des rencontres

La laverie, c’est pas cher. Enfin, pas trop. Disons qu’au prix où ça coûte, je n’aurais pas besoin tout de suite d’acheter une machine. Comme je ne sais pas combien de temps je resterai dans mon appartement, autant que mon contenter de ce petit rituel dominical plutôt que de devoir me coltiner la visite de Cdiscount, d’attendre le livreur et d’installer un lourd appareil dans mon tout petit appartement.

La laverie, c’est beau. Oui, la laverie, c’est presqu’une oeuvre d’art en soi tellement c’est ringard. Moi, ce que j’adore, ce sont les gros hublots des machines dans lesquels on voit le linge tourner à toute berzingue avec la mousse dedans. J’aime aussi les gros boutons qu’il y a partout, qu’on dirait sortis tout droit d’une navette spatiale des années 70. Oui, il y a un petit côté science-fiction dans le lavomatic, un côté « 2001 Odyssée de l’Espace ». Sans doute les hublots, je ne sais pas.

La laverie, ça permet de passer le temps à faire autre chose. A une époque où la rentabilité des heures semble être la norme, la laverie se pose comme un havre de temps perdu. Quand vous êtes devant la machine à regarder le linge qui tourbillonne, vous ne faites, en principe, rien d’autre. Evidemment, maintenant, avec les smartphones, vous ne pouvez pas rester totalement inactif, mais il se trouve que la lingerie où je vais ne permet pas de recevoir correctement les ondes. Du coup, il faut bien que mon cerveau se tourne vers autre chose.

Un des derniers endroits où l’on partage un peu son quotidien avec le voisinage.

Bien sûr, rien ne vous oblige à fréquenter ce genre d’endroits. Une machine à laver, un sèche-linge, et hop, le problème est réglé ! Vous pouvez rester tranquillement chez vous à laver votre linge. Pas besoin de le déballer en public, ce qui, je l’avoue, peut avoir un avantage lorsqu’il s’agit de vos sous-vêtements. Oui, mais voilà, la laverie pour moi, c’est un peu le refuge des coeurs perdus et des âmes seules. Un des derniers endroits où l’on partage un peu son quotidien avec le voisinage. Alors pourquoi cracherai-je dessus ?

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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3 commentaires pour Dans la chaleur du lavomatic

  1. Ping : Dans la chaleur du lavomatic #2 – Le Petit Becquart Illustré

  2. Monsieur R. dit :

    C’est pas la première fois que le lavomatic se glisse dans le carnet à croquis et ce ne sera pas la dernière visiblement …

    J'aime

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