Dans les transports en commun #7 : questions sur le voile

Croquis dans le métro de Lille - 5.09.16 - feutre et encre

Croquis dans le métro de Lille – 5.09.16 – feutre et encre

 

Réflexion sur le voile

Je rebondis sur la femme voilée du croquis. Encore une femme voilée, dirais-je. Car, c’est vrai, du côté de Roubaix, où je travaille quasi quotidiennement, il y en a beaucoup. Beaucoup, c’est à dire une bonne partie des femmes d’origine nord-africaine que je croise dans la rue le sont. La majorité ne porte que le voile, mais certaines vont plus loin. Il m’arrive parfois, mais c’est rare, d’en voir totalement revêtues de leur lourd vêtement gris ou mauve, le visage seul apparaissant, les mains gantées de noir. Je pense en avoir vu aussi parfois se masquant le visage, mais il me semble que cela est désormais interdit par la loi.

J’avoue n’être pas à l’aise avec ce déballage religieux. Car, on a beau dire, il s’agit bien de l’invasion de signes religieux dans l’espace public. Même si, il est aussi possible de le voir sous un angle sociétal en affirmant que de plus en plus de femmes veulent préserver leur pudeur. Il n’empêche… Cette « mode » est tout de même la résultante d’une pression venant tout droit d’idées s’appuyant sur la religion. Idées qui s’opposent totalement à la conception occidentale de la liberté de la femme et qui ressortent comme une insulte à celles et à ceux qui ont lutté depuis des dizaines d’années (c’est pas si vieux) pour que les femmes aient le droit de vivre librement et de s’habiller comme elles l’entendent.

Un rejet de la société occidentale ?

Alors oui, voir autant de voiles dans la rue me gêne, même si, au quotidien, je dois dire que je n’y vois pas à mal (excepté pour les oripeaux les plus lourds et les plus masquants qui confinent sinon au ridicule, du moins à l’absurdité, voire au masochisme). Et évidemment, comme beaucoup, je ne peux pas non plus m’empêcher de faire le lien entre ceci et la guerre religieuse qui se menait jusque là au moyen-orient, mais a touché durement nos rivages depuis Charlie Hebdo. Comment ne pas faire le rapprochement ? Comment éviter l’amalgame, comme diraient les journalistes ?

Le plus triste, dans cette histoire, me semble-t-il est que ce voile marque une sorte de rejet de la société française et de la culture occidentale. Un rejet qui est un repli plus qu’une attaque, peut-être. Un rejet qui marque aussi un échec de l’intégration. Car beaucoup de ces femmes sont françaises, nées en France. Mais peut-être, comme leurs hommes, ont-elles de plus en plus de mal à vivre le fait qu’elles ne soient « françaises qu’à moitié ». C’est à dire qu’on ne les acceptent pas tellement, nous français blancs, qu’à moitié. Pourquoi alors auraient-elles à nous écouter, et à écouter nos leçons ? Nous qui ne leur donnons ni la parole, ni ne les écoutons non plus.

Cette question mériterait d’être méditée, je trouve, même si je ne pense pas qu’elle apporterait toutes les réponses aux problèmes d’intégration qui se posent aujourd’hui à la société française. Et, je préciserai, car c’est extrêmement important, sans non plus le faire dans un acte d’auto-flagellation, qui ne serait qu’une forme d’auto-absolution de notre intolérance.

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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