Tous les matins

Monsieur Chat

Tous les matins, il y a ce type… ce type ou cette nana… je ne sais pas… qui écoute de la musique. Ça se passe environ vers 5h30. De la musique classique. Du piano…du violon… des trucs de prof de musique.

Non pas que ça me dérange, car je suis moi même très matinal, mais ça me fait ressentir le besoin irrépressible de connaître cette personne, ou plutôt de me transformer en petite souris, de me glisser dans un trou et d’aller l’observer.

Ce que j’ai fait.

Enfin, pas exactement en souris.

En chat.

Je me suis mis sur mes 4 pattes, j’ai grimpé au balcon d’un bond, j’ai monté 1 étage comme ça et j’ai regardé par la fenêtre. Mais au 1er étage, ça dormait encore. Et je suis donc monté au second.

Là, la lumière était allumée.

Une petite bonne femme en peignoir bleu ciel, le genre de peignoir affreux qu’on trouve sur un catalogue de La Redoute et dont on a l’impression que personne ne l’achète. Eh bien, non, je peux démentir. Il existe au moins une personne qui achète ce genre de peignoir et elle vit dans mon immeuble. Au 2ème étage précisément, juste au dessus de mon appartement.

Ce n’est pas une jeune. Plutôt quarante-cinquante ans. Je sais, ça n’est pas très précis, mais il est difficile de lui donner un âge.

Les cheveux gris, coupés court. Je sentais qu’elle avait renoncé à toute séduction.

Une célibataire, probablement.

La musique – du piano – provenait d’un lecteur CD dans son salon. Et la femme était assise dans son salon à l’écouter.

Je la vis pousser des rondelles de fumée hors de sa bouche. Je crus même entendre le grésillement de sa cigarette. Elle semblait remplie d’extase.

A côté d’elle, une tasse de café qu’elle prenait et avalait de temps en temps. Un croissant, à moitié bouffé.

Elle avait des traits indifférents, assez banals. Rien qui lui donnait la moindre distinction. Je ne ressentis aucune émotion à la voir.

C’était étrange de m’être glissé jusqu’à son balcon pour l’espionner et satisfaire ma curiosité. La nuit enveloppait encore le jour et nous étions tous deux seuls au monde. Dans l’immeuble, il n’y avait que nous.

Bientôt les autres se réveilleraient à leur tour, mais pour l’instant, nous étions seuls. A profiter du petit matin et de ce moment suspendu avant que la journée ne commence. Peut-être, pour elle, ce seul moment de liberté.

Je redescendis en bondissant de balcon en balcon et rejoins mon appartement. Puis, je repris ma forme humaine.

Six heures ! Il était temps de se mettre en action.

 

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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