DLTEC #28 : coup de folie dans le métro

 

croquis-homme-jeune

Tout avait l’air normal, mais…

Tiens ! J’étais à Paris dimanche. Porte d’Orléans. Il fallait que je prenne le métro pour remonter Gare du Nord. Dans la station, dans la rame, tout était calme.

Il y avait cette vieille dame avec un béret. On aurait dit une résistante pas au courant de la fin de la guerre.

Un jeune homme qui jouait à la console.

Cette femme asiatique au beau visage doux et énigmatique. Ah l’orient !

Mais à travers les signes de cette parfaite quiétude, je sentis quelque chose qui me rendit nerveux. Un détail, je n’aurais su dire lequel, qui m’échappait et m’angoissait.

Soudain, un détail curieux…

Les stations s’enchaînèrent : Alésia, Mouton-Duvernet, Denfert-Rochereau, puis d’autres encore… Des passagers montaient et descendaient, tous dans un silence curieux que je finis par remarquer. Leurs pas ne faisaient pas de bruit. Les portes du wagon coulissaient, mais sans bruit non plus. Et quand au signal de fermeture, il ne retentissait pas !

Étais-je en train de rêver ? D’être victime d’une soudaine surdité ? Pour le vérifier, je mis mon casque sur les oreilles et déclenchai la musique à fond. Aussitôt un déferlement de guitares saturées me pénétra les tympans. J’arrêtai immédiatement ce tintamarre, rassuré, et repris mon observation, mais à nouveau, les sons avaient disparu !

J’adressai la parole au grand jeune homme en face de moi, mais de ma bouche ne sortit qu’un souffle muet. Je recommençai encore. Mais mon organe avait semblait-il perdu sa capacité à faire vibrer l’air.  Je me mis alors à crier, puis à hurler en agitant les bras ! Mais le jeune homme resta aussi impassible qu’une momie. Pris de panique, je pivotai vers vers les autres autour de moi et me contorsionnai en mille gestes, mais personne ne sembla ni me voir ni m’entendre !

Un instant, le décor vacilla et ondula comme dans un mauvais effet visuel. L’effroi me colla contre les portes du wagon, comme un boxeur sonné dans les cordes d’un ring. Jamais une telle solitude ne s’abattit sur moi. Quelle folie était-ce donc ?

Mais, alors que je perdais l’équilibre, soudain du haut parleur s’échappa le nom de ma destination :

« Gare du Nord »

Puis encore, à nouveau : « Gare du nord ».

La rame freina, crissa, s’ébroua et s’arrêta. Les portes coulissèrent et laissèrent rentrer et sortir une foule bruyante et morne dans laquelle je me glissai avec soulagement. Je divaguai en transes dans les couloirs de la station et me laissai emporter par les escalators jusqu’à la surface, où je m’échouai contre une colonne. Et où, le vacarme de la gare, son brouhaha harmonieux m’accueillirent chaleureusement. Ouf, je n’avais pas perdu le son…

*DLTEC : Dans les transports en commun

Gens dans le métro - ligne 4 à Paris - 23 oct 2016

Gens dans le métro – ligne 4 à Paris – 23 oct 2016

Croquis ligne 4 à Paris réalisé le 23 oct 2016

Croquis ligne 4 à Paris réalisé le 23 oct 2016

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A propos Olivier Sauvage

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Un commentaire pour DLTEC #28 : coup de folie dans le métro

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