Allons-nous tous devenir des robots ?

On débat énormément de l’intelligente artificielle et de la robotisation dans notre petit milieu. Pour les uns, c’est la porte ouverte à la fin du travail et à la domination des hommes par les machines. Pour les autres, c’est au contraire de formidables sources de développement et d’affranchissement.

Comme toujours, dans ce genre de débat, ce sont les opinions extrêmes qui émergent. Les propos nuancés, les vraies réflexions demeurent toujours sous le niveau de la mer et nous font passer à côté de l’essentiel.

Que la robotisation des tâches manuelles ou intellectuelles aient lieu, c’est un fait. C’est déjà en cours et les phénomènes actuels auxquels nous assistons me semblent être surtout une accélération des mutations dans le monde du travail. A court terme, qui est celui qui intéresse les êtres humains le plus souvent, car le court terme est ce qui concerne leur vie au quotidien et non pas un probable ou improbable avenir, des professions vont devoir évoluer, changer… certaines tâches, parfois beaucoup, vont pouvoir être prises en main par les machines.

Que ce soit un bien ou un mal pas n’est pas, selon moi, la question.

La question est : comment allons-nous profiter, comment les hommes (dans le sens générique du terme, j’y inclue donc les femmes) vont pouvoir profiter de cette manne de productivité ? Des emplois vont être détruits, très certainement. D’autres vont être créés. Très certainement aussi, même si il est difficile de prévoir à l’avance quelle sera la nature de ces nouveaux emplois.

La question, c’est l’entre-deux et c’est le point final. Que va-t-il se passer entre deux et combien de temps faudra-t-il pour que ceux qui perdent un emploi à cause de la robotisation en retrouve un ? S’ils en retrouvent un.

Pour moi, tout le débat est là. Tout l’enjeu est de déterminer et de mettre en oeuvre les politiques de transition qui font que les gens qui perdent leur emploi, qui doivent apprendre un nouveau métier allons-nous mettre en place pour rendre ce changement moins douloureux, voire vivable, voire supportable, voire même agréable et enrichissant ?

Comment allons-nous vivre cette réalité ? Comment allons-nous la prendre en compte ?

Et au delà de cette première question s’en pose une autre, en filigrane. Les gains de productivité sont tels avec la robotisation que l’on va pouvoir se demander s’il faudra toujours autant travailler demain qu’aujourd’hui ? Y aura-t-il encore un sens à passer la majorité de son temps à le faire alors que par individu, dans les sociétés industrialisées modernes, la productivité de chacun est sans doute en train d’atteindre des sommets inimaginables il y a encore 50 ans ?

Quel sens y aurait-il à cela dans un monde où la surabondance nous étouffe ? Trop de produits manufacturés, trop de bouffe, pas assez de sens. La robotisation est voué à un bel avenir. Elle pourrait libérer les hommes de nombreuses tâches insupportables, pénibles, inintéressantes, mais pour leur donner quoi, en échange ?

C’est, à mon avis, aussi dans cette direction qu’il faut creuser, car même si le progrès technologique est toujours souhaitable, il ne peut jamais se réaliser sans être accompagné par des réflexions et des mesures qui le rendent supportable et acceptable par tous.

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A propos Olivier Sauvage

Entrepreneur, blogueur, mes pensées n'engagent que moi
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