DLTEC #33 : Mathieu et les mystères de l’amour

*DLTEC : Dans les transports en commun

Tête d'homme lisant dans le métro

Mathieu, mon vieil ami

Les gens qui lisent des livres , avec du vrai papier et des vrais pages, sont devenus rares dans le métro lillois.

La plupart sont, soit les yeux perdus dans le vague, attendant on ne sait quelle libération, soit penchés, recourbés, recroquevillés sur leur téléphone, lisant, jouant, chattant, tentant dans tous les cas de tuer le temps intermédiaire et long des transports en commun.

Mais quand je le vis, et grâce à son livre, je sus tout de suite que c’était lui ! Mathieu, le lecteur ! Un fou de livres comme on en trouve rarement. Un véritable dévoreur de lignes, capable d’ingurgiter en moins d’une semaine 3 romans de 500 pages, sans moufter ! Un véritable marathonien  que seule la faim ou une envie pressante étaient capables d’arrêter pour une pause de quelques secondes.

En dehors de cette passion, Mathieu suivait des études… des études de quoi, je n’ai jamais bien réussi à le savoir… toujours est-il que depuis que je le connaissais (et ça faisait plus de 10 ans), il faisait toujours des études… de littérature ou de sociologie… quelque chose comme ça.

Je le saluai discrètement et quand il leva la tête, un immense sourire illumina son visage. Il était bien content de me voir. Et je sus assez vite pourquoi. Il tint absolument à me raconter l’histoire de ce type qui s’était suicidé il y a quelques jours en se jetant du haut de la ligne du métro. La notre précisément, la ligne 2, entre les stations Les Prés et Jean-Jaurès.

L’histoire véritable du marin

Il l’avait connu ! L’homme, toujours accoutré en tenue de marin, était un fou de marine à voile, mais qui n’était pas né à la bonne époque. Il devait son désespoir, non pas à cause de ce problème spatio-temporel, mais à cause d’une déception amoureuse. Une de plus ! Depuis plusieurs mois, il fréquentait cette fille magnifiquement belle qu’il avait connue chez des amis, lors d’un apéro en ville. Il s’était mis en tête de l’avoir à tout prix ! Et, on ne sait comment, car honnêtement, il n’était pas du genre à faire rire les femmes et à les attirer, il l’avait eue. Et pendant des mois, donc, ils se fréquentèrent. Mais très vite, leur relation prit une tournure affreuse. Du moins pour lui. Car cette fille, à laquelle il s’accrochait avec une sorte de désespoir pathétique, n’avait d’autre préoccupation que de le mener en bateau (ce qui est le cas de le dire) en le trompant effrontément avec tout ce qui passait à sa portée.

Il lui fallut du temps avant de s’en apercevoir. Mais quand ce fut le cas, plutôt que de la quitter, il ne la lâcha pas et continua à la fréquenter malgré le fait évident qu’elle n’éprouvait pas le moindre sentiment à son égard.

Et puis, un jour, il découvrit son comportement ignoble. Et c’est alors qu’il fut pris par le ressentiment et la tristesse. Il lui annonça qu’il allait partir, ce qui, bien évidemment, ne provoqua en elle aucune réaction. Alors, comprenant qu’il n’avait été qu’un pantin malheureux, il décida de mettre fin à ses jours de cette façon peu ordinaire (et que j’ai racontée dans un DLTEC précédent).

Mathieu me sourit.

Il avait ce drôle d’air de satisfaction que je lui connaissais bien et qui annonçait un retour en immersion dans sa lecture.

Je le saluai poliment et le quittai en l’invitant à boire un verre un de ces jours, bien que je sus qu’il n’y avait aucune chance que nous nous revoyions de cette façon et continuai ainsi ma journée, marqué par cette histoire étrange,  me demandant comment un homme pouvait accepter aussi longtemps de se faire humilier par une femme. Et de l’autre côté, je me demandais aussi comment une femme pouvait-elle être aussi cruelle pour tromper aussi longtemps et aussi visiblement son amant officiel.

Mystères de l’amour.

Jeune homme lisant dans le métro (Mathieu) - Croquis au crayon puis encré - réalisé le 31 oct 2016
Jeune homme lisant dans le métro (Mathieu) – Croquis au crayon puis encré – réalisé le 31 oct 2016
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In love / En amour

Croquis d'un jeune homme amoureux

Je ne sais pas si c’est moi. En tout cas, il est sorti par hasard de mon feutre, ce jeune homme amoureux. Mais oui, ça pourrait être moi dans une version idéale de l’amour. Avec au fond, dans l’ombre mon amoureuse. Bon, ben c’est tout. Je l’aimais bien ce dessin alors je vous l’offre et je le dédie aux amoureux et à ceux qui croient à l’amour. Bisous !

Croquis d'un jeune homme amoureux

Le Président a encore craqué

Un indécrottable coureur de jupons

Ca y est ! Il l’a fait à nouveau. Notre Président a encore craqué. Ne se contentant pas de sa liaison avec l’actrice française Julie Gayet, François Hollande, selon des sources proches de l’Elysée, multiplierait les aventures. A tel point qu’il en serait devenu incontrôlable pour les services de sécurité chargés de sa protection.

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En route pour un rendez-vous galant, hier, place de la Concorde à Paris

C’est donc hier, lors de l’ouverture du salon de l’Agriculture que François a profité d’un moment d’inattention de ses gardes du corps pour emprunter son tracteur a un agriculteur dont il caressait le cul d’une vache et filer depuis la Porte de Versailles jusqu’à un lieu connu de lui seul à la rencontre d’une de ses innombrables conquêtes.

On ne sait plus comment le retenir

« On ne sait plus quoi faire, affirme un de ses gardes du corps. On a lui retiré toutes ses clés, de scooter, de voiture, de vélo. Norbert, son chauffeur refuse de le conduire ailleurs que pour des rendez-vous officiel. Malgré ça, il arrive encore à se débrouiller. Je crois qu’il est aussi malade de DSK. »

Des mots qui inquiètent sur la santé mentale du Président.

« On dirait qu’il s’est lancé le défi de pécho toutes les femmes françaises les plus en vue. Il a déjà fait une journaliste, une actrice, une nageuse, une chanteuse, une spationaute, une militaire… et ça continue. Ca n’arrête pas. C’est un véritable maniaque. » continue notre interlocuteur.

Pour l’instant, l’Élysée se refuse à toute déclaration officielle, mais la rumeur n’en court pas moins d’une prochaine rupture avec Julie Gayet qui serait déjà en train d’écrire un livre pour raconter le calvaire vécu avec le Président.

Un moyen de s’enrichir ?

La question qui se pose dès lors est : François Hollande a-t-il un accord secret avec les éditeurs de livre ? Si cela était une coïncidence, elle serait bien fortuite.

DSK inculpé dans une autre affaire ?

DSK en plombier. Reconstitution très réaliste de notre infographiste
DSK en plombier. Reconstitution très réaliste de notre infographiste

Le célèbre homme politique français tremperait-il encore dans une nouvelle affaire ? Ou serait-il encore la victime d’un maître chanteur ? Difficile de le savoir. La victime, Mimile, un hamster, a porté plainte. Voici pourquoi !

Le Petit Becquart : Mimile, aujourd’hui, vous portez plainte contre le fameux homme politique français, aujourd’hui en procès dans l’affaire du Carlton. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a encore fait ?

Mimile : Ce n’est pas ce que vous croyez. J’ai toujours eu des relations normales avec Dominique. Malheureusement, il a beaucoup changé depuis l’histoire du Sofitel à New York. Autrefois, gai, joyeux, blagueur, il est devenu terne, triste, atone. Ce n’est plus le même homme.

Le Petit Becquart : On comprend très bien, mais qu’est-ce que vous lui reprochez, puisque vous portez plainte ?

Mimile : Euh.. je… c’est très pénible à dire.

Le Petit Becquart : Allez-y, n’ayez pas peur. Vous ne craignez rien. N’oubliez pas que vous parlez sous le couvert de l’anonymat.

Mimile : Enfin, bon, ce qu’il faut savoir, c’est que Dominique a toujours eu une passion pour les tuyaux, les robinets, la plomberie, quoi !

Le Petit Becquart : Je vois… Mon Dieu, c’est effrayant.

Mimile : Mais non, ce n’est pas ce que vous croyez. Quand je parle de tuyaux et de plomberie, c’est parce qu’il aimait vraiment la plomberie.

Le Petit Becquart : La plomberie ?

Mimile : Oui, il aimait réparer des robinets, déboucher des éviers ou des toilettes. Il aimait colmater des fuites.

Le Petit Becquart : Mon Dieu !

Mimile : Mais vraiment !

Le Petit Becquart : Quoi, vraiment ?

Mimile : Vraiment ! Il mettait sa petite salopette bleu, sa casquette à visière, prenait sa boite à outil et hop, il allait chez des petits vieux et des petites vieilles, sonnait à leur porte, avec une fausse moustache pour qu’on ne le reconnaisse pas,  et hop encore, il faisait son boulot !

Le Petit Becquart : Avec des vieilles et des vieux ?

Mimile : Mais oui, les vieilles personnes ont souvent des problèmes de fuites qu’ils laissent traîner pendant longtemps. De plus, ils n’ont pas les moyens, alors Dominique leur faisait ça gratuitement, pour les dépanner. Un coup de clé à molette par ci, un coup de coupe-tuyau par là. C’était un homme bon, vous savez.

Le Petit Becquart : Mais vous, dans cette histoire, qu’est-ce que vous faisiez ?

Mimile : J’allais dans les tuyaux !…

Le Petit Becquart : …

Mimile : J’inspectais les intérieurs, quoi ! Avec ma petite taille, j’étais très doué pour explorer les conduites.

Le Petit Becquart : Je vais vomir.

Mimile : Mais non, pas du tout. C’était un travail très propre, au contraire. Dominique m’avait même fait une petite tenue en latex pour que je ne me salisse pas. Vous comprenez, les tuyaux, c’est pas toujours très propre.

Le Petit Becquart : J’imagine… Mais alors, que s’est-il passé ? Ensuite ?

Mimile : Eh ben, comme je vous l’ai dit, c’est après l’affaire du Sofitel que tout a basculé. Dominique n’avait plus goût à rien, ne s’intéressait plus à rien. Même la plomberie ! Alors moi du coup, je me suis retrouvé sur le carreau. Au chômage comme on dit. Sans emploi. Mais vous croyez qu’il m’a indemnisé ? Que dalle ! Il m’a viré comme un malpropre, sans rien dire, et je n’ai plus eu que mes poils à lécher. Alors, c’est pour ça que j’ai porté plainte.

Le Petit Becquart : … Mhh mhhh… d’accord… Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais qu’on en reste là.

Mimile : Pourquoi ?

Le Petit Becquart : Pour rien. Merci. C’était vraiment très intéressant.

Mimile : De rien.

Mimile fantasme-t-il ?
Mimile fantasme-t-il ?

Le curé de Tronchon avoue ses meurtres : 26 vieilles femmes assassinées en 30 ans

Kevin Teufla, notre stagiaire
Kevin Teufla, notre stagiaire

Par Kevin Teufla, stagiaire (tous ses articles)

Grandville, le Curé et le Mort, 1838
Vue d’artiste du curé pendant une confession

Hier démarrait la première audience au tribunal du procès du père Poliçon, le curé de Tronchon. Un procès épique pour un criminel hors du commun, celui d’un représentant de l’Eglise catholique, un prêtre comme il en existe tant dans nos campagnes, celui d’un homme que la raison a totalement abandonné et a plongé dans l’abîme des crimes les plus abominables.

Accusé du meurtre de 26 femmes, toutes âgées de 74 ans à 96 ans, le curé a tout avoué hier au Juge, devant un public et des jurés ébahis. Jamais, de mémoire de tribunal, on avait vu une telle outreduidance face à la justice.

Pour les lecteurs du Petit Becquart, en exclusivité, nous retranscrivons ici la tirade à laquelle s’est livré le curé pour défendre sa cause.

« Mais moi, Monsieur le Juge, je n’ai fait que le bien. Je n’ai fait aucun mal à personne. Je n’ai fait qu’accélérer l’ordre des choses. J’ai mis de l’huile dans les rouages, j’ai fluidifié le parcours, rendu le chemin plus facile. Toutes ces vieilles étaient au bord de la tombe. Je n’ai fait que leur donner le petit coup de galoche qu’il fallait bien pour les y précipiter. Hop ! Un petit coup de pouce de rien du tout pour les faire passer de vie à trépas, en toute innocence. Quel mal y a-t-il à cela, Monsieur le Juge ? Je n’ai fait que leur faciliter les choses,  à ces vieilles. Les aider à franchir le pas qu’elles n’osaient pas franchir. Je leur ai donné la délivrance qu’elles attendaient toutes avec impatience. Quel mal y a-t-il à cela, je vous le demande encore Monsieur le Juge ?

– Ce sont des meurtres (réponse du juge).

– Des meurtres ? Allons donc ! Tout de suite, les grands mots ! Est-ce un meurtre que de mener à l’abattoir le vieux boeuf qui souffre d’avoir trop tiré la charrue ? Est-ce un meurtre que d’achever le pauvre canasson dont la patte s’est brisé pendant la course ? On abat bien les chevaux, monsieur le Juge ! En quoi, vous me répondrez: ces vieilles, ce ne sont pas des bêtes.

– Oui.

Non, ce ne sont pas des bêtes

– Non, Monsieur le Juge. Ce ne sont pas des bêtes. Raison de plus. Ce sont des femmes. Ou plutôt, c’étaient, des femmes. Car,  cette qualité peut-elle être accordée à des êtres dont la vie se résume à long refrain de souffrances abominables, de plaintes, de solitudes, d’impotence et de décrépitude ? Des êtres humains, certes ! Mais dans quel état déplorable ! Dans quelle condition ! Appelleriez-vous cela une vie, Monsieur le Juge ? De souffrir en silence chaque seconde de son existence, de sentir les rhumatismes vous planter des clous dans tous les os, les varices vous pourrir par le bas, la vessie vous tordre le bassin du petit jour à la tombée de la nuit, le souffle vous suffoquer pour trois marches montées, le dos vous recourber comme une vieille feuille flétrie ? Appelleriez-vous cela une vie de n’avoir pour seul compagnon qu’un vieux chien borgne et impotent ou une chatte pelée grognonne qui vous coure dans les jambes au moindre prétexte ? Appelleriez-vous cela une vie de ne n’avoir à fréquenter que les Pujadas, les Naguis et autre Claire Chazal dans la petite lucarne ? Ces futiles compagnons de pacotille !

La solitude, Monsieur le Juge, est la pire des tortures !

Et qui viendrait briser ce carcan ? Qui viendrait rompre ce cercle ? Les enfants ? Pfouahh, les enfants ! Des ingrats qui n’attendent qu’une chose : qu’elle crève, la vieille ! Qu’elle débarrasse le plancher ! Qu’elle foute le camp ! Qu’elle déguerpisse ! Et qu’elle laisse la place qu’elle occupe inutilement ! Les petits enfants ? Mais ils préfèrent leurs consoles ! Leurs tamagotschis, leurs zipodes et leurs zifones. Qu’est-ce que vous voulez que ça leur fasse une vieille ? Une grand-mère ? Une sorcière, oui ! C’est comme ça qu’ils les voient, les petits enfants ! Des tas de loques et de vieux poils sentant la pisse, leur donnant des Kinder périmés sortis d’un placard moisi. Personne ne les aime, ces vieilles ! Les voisins ? Ils n’attendent que l’occasion pour les culbuter d’un coup de pare-chocs bien ajusté. Le facteur ? Il a de meilleures conversation ailleurs ! Et surtout des clientes plus girondes.

Il y a un droit à mourir, pour la Dignité de l’espèce humaine !

Alors oui, moi, je dis, Monsieur le Juge, qu’il y a un droit à mourir, pour la Dignité de l’espèce humaine ! Pour que cesse cette honteuse torture qu’est la vieillesse dans la solitude ! Pour que les bonnes âmes périssent en joie et qu’elles rejoignent le Seigneur béâtes d’optimisme ! Oui, Monsieur le Juge, voilà mon chemin de croix, ma pénitence ! Je suis un sauveur, un abrégeur de souffrances, un bienfaiteur, un philanthrope, qui, au lieu de distribuer les bonnes grâces, partage l’amour du divin, savonne la planche du salut. Je suis le petit pousseur. Celui qui d’une chiquenaude ouvre la porte du ciel ! En toute modestie, Monsieur le Juge, en toute modestie. Car je ne fais rien ! Je lève à peine le petit doigt. Une goutte d’arsenic dans la tisane. Une tape un peu trop amicale du haut de l’escalier. Des marches un peu glissantes. Un vieux fer à repasser défectueux. Rien que des petits riens. Rien que des petites pichenettes du destin en la personne de votre serviteur, Monsieur le Juge. Mais qu’y a-t-il de répréhensible à cela ? Le Bon Dieu ne voudrait-il pas la même chose ? Ne voudrait-il pas extirper ces pauvres pêcheuses de la prison où elles errent ? Ne voudrait-il pas leur offrir la délivrance ? Moi, je n’ai rien fait, Monsieur le Juge, je n’ai été que la main du Seigneur Tout Puissant. Son pauvre Pancho ! Son simple jouet ! On ne saurait m’en vouloir pour n’avoir agi que sous son impulsion immanente.

– Au cas où vous ne l’auriez pas compris, c’est face à la justice humaine que vous êtes, monsieur le curé, pas celle de Dieu.

– Ah oui, mais je ne le sais que trop bien, Monsieur le Juge. Et c’est bien dommage qu’on me comprenne si bien là haut et si mal ici bas. Mais peut-être l’entendriez-vous autrement, et vous aussi, mesdames et messieurs les jurés, si je vous rappelais aussi combien ces vieilles bigotes dégoutantes coûtent à la société. Des millions ! Des milliards même ! Beaucoup trop, vous ne me ferez pas dire le contraire ! Des centaines de milliers de sous qui partent en pilules, onguents, bandages, piqûres, scanners, électroencardiogrammes, déambulateurs, défibrillateurs, cardiogrammes, chaises roulantes, soins à domiciles et j’en passe, qui ruinent nos chaumières, Monsieur le Juge ! Qui appauvrissent les vivants !

Vous réjouissez-vous de voir vos impôts et vos taxes partir pour les vieux ?

Vous réjouissez-vous de voir vos impôts et vos taxes payer tout ce fatras, cet attirail, cet arsenal ? Pour quoi ? Pour satisfaire la gloriole des statisticiens qui se gargarisent de l’espérance de vie qui progresse ? Ah oui, Monsieur le Juge, elle progresse ! 80 ans ! 90 ans ! 100 ans demain !! Mais pourquoi faire ? Je repose encore la question. Pour que tous, nous croupissions dans des mouroirs jusqu’à ce que nos corps se ramollissent comme des vieilles serpillères et que des blouses blanches que la mort a blasé nous ramassent en se pinçant le nez avant de nous enfourner dans un incinérateur ? Pour survivre à l’état de zombie jusqu’à ce l’électroencéphalogramme devienne plat ? Pour arpenter comme des âmes en peine les couloirs des maisons de retraites ? Ah, elle est belle l’espérance de vie ! Et pendant ce temps là, tout le monde raque ! Paye ! Crache au bassinet ! Des médecins, des gériatres, des infirmières !

Il faut les voir se gargariser, ces sauveurs de l’humanité.

Ces barbares ! Des médiocres apprentis sorciers qui font leurs expériences pour pouvoir un jour graver leur nom dans le marbre écoeurant du Panthéon de la médecine. J’en connais des « Monsieur le Professeur », des grands savants, qui vous lorgnent de derrière leurs bureaux si grands qu’il faut un pantographe pour leur serrer la main. J’en connais du Prix Nobel en gestation ! Qui se gargarisent de belles phrases et de jolis mots qu’il faut une encyclopédie pour les déchiffrer. Ah, mais si vous voulez continuer à les engraisser, Monsieur le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés. Allez-y ! Je vous en prie ! Après vous ! Ne vous gênez pas ! Vous aussi, un jour, vous deviendrez leurs cobayes. Et on vous regardera comme on regarde un rat dans une roue. Voilà le bel avenir que nous préparent ces beaux messieurs ! Un monde de cadavres à roulettes ! Je vous en prie, pas pour moi ! Et plutôt que de vous en prendre au révolutionnaire que je suis, vous devriez mettre derrière des barreaux toute cette clique grandiloquente qui ferait mieux de soigner les vivants plutôt que d’entretenir des morts. J’ai dit, Monsieur le Juge !

– Perpétuité ! Au suivant ! »

Enlevé par des extra-terrestres, Fernand Broussard revient transformé en femme

Kevin Teufla, notre stagiaire
Kevin Teufla, notre stagiaire

Par Kevin Teufla, stagiaire (tous ses articles)

Fernand Broussard, avant et après
Fernand Broussard, avant et après

Le maire de Tronchon a été enlevé par des extra-terrestres, puis ramené, transformé en femme. Lisez le récit palpitant de cette incroyable histoire.

C’est à une bien drôle d’aventure qu’a été convié à vivre, malgré sa volonté, Fernand Broussard, notre bien aimé maire, dans la nuit du 20 au 21 septembre, un soir bien tranquille comme beaucoup d’autres dans notre petite ville de Tronchon.

Comment imaginer alors, sans que rien prévienne, qu’il puisse lui arriver les faits, aussi improbables qu’incroyables, que nous allons vous révéler dans nos colonnes, et alors que tout était normal et ennuyeux comme d’habitude.

Des manifestations dans le poste de téléviseur

C’est vers 20h47 que tout a commencé et c’est à cette heure, qu’Huguette Labouche, factrice et voisine de notre bon maire (voir La femme du maire se venge en écrivant un livre), rapporte les premiers éléments perturbants de la soirée.

« Je regardais la publicité à la télé, après le 20h, et soudain, j’ai bien vu que quelque chose de pas normal se passait. La fille de la pub pour le shampoing avait pas la même tête que d’habitude. On aurait dit qu’elle avait des sourcils plus gros, un peu comme ceux d’Emmanuel Chain. Et en plus, elle avait une voix bizarre, comme si elle avait avalé de l’helium. Tout de suite, j’ai compris que j’avais affaire sans doute à des haquères (« hackers » : ndlr) »

Des dires confirmés par la Gendarmerie de Tronchon qui stipule dans son rapport des évènements de la soirée avoir bien reçu un appel téléphonique d’un certain Manuel Chain ayant le même numéro téléphonique que Mme Huguette Labouche.

« Nous n’y avons pas donné suite, car ce Mr Chain était manifestement ivre, rapporte le Cdt Doutreau ». Première ERREUR !!!!

Des phénomènes « pas normaux »

Par la suite, plusieurs habitants de Tronchon nous ont affirmé également avoir assisté à des  phénomènes « pas normaux » et nombre d’entre eux ont également prévenu la gendarmerie qui, malgré les alertes diverses lancées par la population, persistait dans son inaction. « On a cru que tout le monde était bourré, précise le brigadier chef. Dans ce cas là, on ne fait rien et on attend que ça passe. »

Lumières dans les bois, sifflements de cocotte minute, baisse soudaine de la température, ont été parmi les phénomènes qui nous le plus été rapportés. Certains, parmi les plus anciens, crurent même à un retour des allemands et commencèrent à appeler aussi la gendarmerie pour dénoncer des voisins afin de se faire bien voir de l’envahisseur. « Là, on a carrément cru à un canular, rapporte encore le brigadier Moujard ».

C’est dans cette ambiance de presque panique que Fernand Broussard, à l’orée de la nuit, et inconscient de tout le tohu bohu qui se produisait autour de lui, s’attela, comme chaque soir, à rentrer ses vaches à l’étable. Il avait bien vu quelques lueurs étranges dans le ciel, raconta-t-il ensuite, mais il n’y prêta pas plus attention qu’au retour récent de Nicolas Sarkozy (voir Super Sarko : le retour). Pas farouche, le Fernand !

En revanche, la nervosité inhabituelle de son troupeau le perturba bien plus et éveilla son attention. Il n’avait jamais vu ses bêtes aussi agitée set dut s’y reprendre à plusieurs reprises, et avec maintes difficultés, pour les faire rentrer toutes à l’intérieur. Une de ses plus belles bêtes, Rosalie, parvint même à s’enfuir et ce n’est que grâce à l’agilité de Braquemard, son berger des landes, qu’il put la faire rentrer. Lui aussi trouva alors que quelque chose de « pas normal » se passait.

21h03 : « La lumière pénétrait dans l’étable en faisant des faisceaux nets comme des lames de couteaux. »

« Les vaches étaient très énervées. Je savais pas pourquoi. On aurait dit qu’elles sentaient quelque chose que moi, je ne pouvais pas voir. C’est très malin, les vaches, vous savez, affirme le maire de notre petite commune. J’avais fini de mettre les plus vieilles au bercail quand quelque chose d’inattendu s’est produit.

D’un seul coup, tout l’étable a été prise de tremblements, comme une vache folle, ajoute le maire, fier de son bon mot. Au début, j’ai eu très peur, j’ai cru que le toit aller me tomber sur la tête. Puis les tremblements se sont arrêtés d’un coup et alors une lumière blanche, terrible, s’est abbattu sur tout le bâtiment. On aurait dit qu’une lampe torche géante avait été braquée dessus. La lumière pénétrait à l’intérieur en dessinant des faisceaux nets comme des lames de couteau.

Je peux vous dire que je commençais sérieusement à avoir les chocottes. Tout était silencieux. Même les vaches ne faisaient plus un bruit et elles me regardaient toutes comme si il allait m’arriver quelque chose. C’est là que j’ai compris que quelque chose de vraiment pas normal se passait.

Avais-je des hallucinations ? avais-je trop regardé la télé dans ma jeunesse ? Car je vis quelque chose que je n’oublierai jamais de toute ma vie. Mes vaches avaient soudain toutes de gros sourcils, très poilus sur le front, vous savez, comme le présentateur télé là, le type de Capital. Je me frottai les yeux pour être sûr que je n’étais pas dans un rêve, je les regardai à nouveau. Mais non, les sourcils étaient toujours là. Vous savez quel effet ça fait de voir des vaches avec de gros sourcils ? Je peux vous dire que ça fait aussi peur que la tête de Marine Lepen à la télé.

J’en faisait presque dans mon pantalon (j’ai bien dit presque). J’ai été pris de panique, j’ai couru vers la sortie, la porte de l’étable était resté ouverte, et je me suis précipité dehors, dans la lumière blanche. On aurait dit comme du brouillard, mais c’était bien de la lumière. Je courais et j’avançais sans rien voir. Je ne voyais même plus mes pieds tant c’était lumineux. Je courais dans n’importe quelle direction et je ne savais même pas où j’allais. Soudain, j’ai entendu un chuintement, comme un gros piston, accompagné d’un « splorp », un peu comme le bruit d’une ventouse quand on touille la cuvette des WC. Et aussitôt je me suis senti aspiré dans les airs par une force phénoménale. Ensuite, j’ai perdu connaissance. »

Tout était rose : la vision la plus merveilleuse de ma vie

« Quand je me suis réveillé – je ne sais pas combien de temps après – j’ai ouvert lentement les yeux. La lumière était toujours là, mais beaucoup moins forte. Petit à petit j’ai découvert le décor autour de moi. C’était comme dans la cabine de pilotage d’un avion, sauf que tout était rose, coloré de rose. Des écrans, roses. Des boutons et des manettes, roses. Des placages en bois roses. De la lumière rose. J’avais l’impression de tout voir à travers des lunettes roses. Mais ensuite, c’est là que j’ai eu la vision la plus merveilleuse de ma vie. La vision la plus incroyable. Quelque chose que tout homme rêverait un jour de voir. Des femmes ! Des jeunes femmes ! Des vrais mannequins ! Toute plus belles les unes que les autres. Et, cerise sur le gâteau, si je puis dire : elles étaient toutes nues comme Eve. La vérité ! Je n’en croyais pas mes yeux. »

A ce stade du récit, nous interrogeâmes du regard le médecin des pompiers qui nous accompagnait pendant cet interview et qui avait en charge la santé du maire. Il fit un va et vient de la tête qui voulait dire que Fernand Broussard n’avait rien bu, n’était sous l’influence d’aucune substance chimique, et qu’en l’occurrence, était en pleine possession de ses moyens. Nous continuâmes à écouter l’édile.

Elles étaient toutes plus belles les unes que les autres

« Elles étaient magnifiques. Elles me regardaient de leurs yeux superbes avec l’innocence de la Vierge Marie. Je sentais comme une terrible pulsion sexuelle, excusez-moi, et je me demandais si je n’allais pas éjaculer là dans mon pantalon sur le point de craquer tant mon membre s’était raidi. En même temps, j’entendais une musique enchanteresse, des voix mélodieuses d’une douceur infinie qui chantaient à mes oreilles et me transportaient dans un état proche de l’apothéose. Etais-je fou ? Rêvais-je ? Je me pinçais pour être sûr que ce n’était pas le cas. Fermai les yeux puis les rouvrai. Mais non, je n’étais pas le jouet de mon imagination, les jeunes femmes étaient toujours là. J’essayai de les saluer en français, dans ma langue, puis en anglais, mais elles continuaient à me regarder sans rien dire. Je peux vous dire à ce moment là que j’étais comme sur un nuage. »

Le maire continua.

« Alors ensuite se passa la chose dont tout homme normalement constitué peut rêver. Plusieurs d’entres elles, les plus jeunes visiblement, se rapprochèrent de moi et commencèrent à me déshabiller. Leurs mains, d’une habileté incroyable, ôtèrent mes vêtements un par un. D’abord ma veste, puis ma chemise. Mes chaussures, mes chaussettes, puis mon pantalon. Et au fur et à mesure qu’elles avançaient dans mon effeuillage, je sentais mon membre se raidir encore plus et gonfler comme si on lui injectait de l’air comprimé avec un compresseur. Je crus qu’il devenait tellement énorme qu’il allait exploser et éclabousser tout le monde de sang. Mais en fait, je ne les éclaboussai qu’avec ma semence. Presqu’un pot à moutarde plein ! Qui gicla et éclaboussa ses jeunes demoiselles sans qu’elles interrompent leur tâche. Si je n’étais pas là aujourd’hui pour vous le raconter, je croirais que j’aurais rêvé. »

Soudain le maire eut un spasme. Des larmes inondèrent son visage. Et il hoqueta comme un enfant.

« Ca a été horrible, ça a été horrible », répéta-t-il ensuite sans cesse.

« Et après, que s’est-il passé, nous lui demandâmes avec impatience, tant son récit était haletant ? »

Voyez ce qu’elles m’ont fait, voyez ce qu’elles m’ont fait !

« Ensuite, vous voyez ce qu’elles m’ont fait. Le maire nous montra son visage, sa poitrine, ses mains. Vous voyez ce qu’elles m’ont fait, dit-il en éclatant en sanglot. »

Le médecin des pompiers lui tendit un mouchoir pour qu’il puisse se moucher, puis il reprit son récit.

« J’en étais à répandre ma semence une deuxième fois quand soudain, dans le bas de mon dos, je ressentis une douleur intense,comme si on enfonçait quelque chose très profondément à l’intérieur de mon bassin. Je hurlai comme si on m’avait arraché un membre d’un coup, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Mes cordes vocales avaient été comme chauffé à blanc et ne produisaient plus le moindre effet. Aussitôt après une douceur étrange m’envahit. Je sentis mon corps tout entier être envahi d’une torpeur lancinante et bientôt des pies à la tête je ne sentais plus rien. Et pourtant, je restai conscient. Et c’est alors que vint la première vision d’horreur. L’une des mannequins fit surgir devant mes yeux un immense scalpel qu’elle plongea d’un coup rageur dans ma poitrine. A nouveau, je hurlai, mais de peur, car la lame profondément enfoncée dans mes chairs ne provoquait aucune douleur en moi. Je ne sentais rien. Je ne pouvais que voir et entendre, avec la plus grande horreur, la mannequin « extra-terrestre », car  j’en avais la conviction maintenant, que ces femmes n’avaient rien d’humain, remuer sa lame dans ma poitrine avec des grands giclements de sang, d’os et d’organes. »

A nouveau le Maire fut pris de tonitruands sanglots que rien ne semblait pouvoir stopper. Le médecin lui tendit la boîte de mouchoirs qu’il vida entièrement devant nos yeux stupéfaits.

« Ensuite ? » demandâmes nous à nouveau.

Le maire tenta de se reprendre. Se moucha dans la chemise du médecin puis continua à nouveau de parler en hoquetant de plus belle.

Elles me démembrèrent avec un acharnement vorace

« Ca a duré je ne sais combien de temps. Et je voyais tout ! Elle me démembrèrent entièrement avec un acharnement vorace. Elles me cisaillèrent, me percèrent me découpèrent, me cousirent, m’agrafèrent, me démontèrent, me remontèrent avec autant d’efficacité qu’une équipe de mécaniciens dans un stand de formule un. Mon sang était partout sur leurs corps sublimes  et donnait l’impression qu’elles s’étaient aspergées mutuellement de confiture de fraise et de jus de tomate. Je peux vous dire que je me souviendrais de ce moment toute ma vie (et à nouveau, le maire mouilla son visage et ses vêtements de larmes). »

« Plus tard, je ne sais pas au bout de combien de temps, j’ai perdu connaissance, ou je me suis endormi, je ne sais pas, et je me suis réveillé le matin, dans l’étable au milieu des vaches. »

« Quand avez-vous compris ce qui s’était passé « , demandé-je à nouveau avec impatience ?

« Pas tout de suite. D’abord, j’avais un mal de crâne comme si j’avais bu toute la réserve de vieille prune du père Poliçon (curé de la paroisse : ndlr / lire aussi : « Les soupçons se portent vers le curé »). On aurait dit qu’une enclume avait été vissé sur mon crâne durant la nuit. »

Un retour à la réalité douloureux

« Il faisait froid et je sentais l’humidité du petit matin me tremper les os. Je tremblai comme une feuille. J’entendais les vaches meugler et paître leur foin tranquillement. Ca sentait la bouse et l’urine de bovin. Et j’avais, en plus, une terrible envie de pisser. Je me levai péniblement, balayai la saleté sur mes vêtements et me dirigeai vers la porte de l’étable. Dehors,  la lueur du jour pointait à peine le bout de son nez. Au bout du champ, j’apercevais ma petite maison où ma femme Germaine (auteure de « Ah ben merci bien ! ») devait encore dormir, bien que je n’ai pas vraiment une idée claire de l’heure. Je me campai devant un arbre, dézippait la fermeture éclair de ma braguette et saisi mon appareil, sauf que… (sanglots à nouveau). Je ne trouvai rien à l’endroit où j’aurais du trouver quelque chose. Je me touchai le bas ventre et à la place de mon pénis, je sentai juste une douce touffe de poils… »

A ce stade du récit, le maire se figea et fut pris de convulsions. Son regard plongea vers le sol et il se mit à se balancer d’avant en arrière comme le témoin d’un acte atroce de folie. D’un signe du menton, le médecin nous fit signe que l’entretien était terminé.

Le maire, ou la maire, devrions-nous dire aurait pu être un imposteur. Mais l’interrogatoire serré que menèrent les gendarmes, ses propres dires, les détails de son récit, sa connaissance intime de feu Fernand Broussard ne peuvent que laisser songeur. Cette femme serait-elle vraiment Fernand Broussard ? Bien que physiquement, il y ait un monde entre elle et le maire, on ne peut qu’être frappé par la ressemblance frappantes de certains traits, mais aussi de cette façon de parler si caractéristique. Pourrait-ce être une soeur, un parent éloigné ? Mais comment aurait-elle pu connaître tant de détails sur la vie de Fernand ?

En tout cas, voilà bien un mystère qui mettra du temps à être résolu.

Ode à Nicolas

Sarkozy boutant les mauvais français hors de France
Sarkozy boutant les mauvais français hors de France

A l’occasion du retour de Nicolas Sarkozy (voir notre scoop à ce propos), et sans esprit partisan, nous avons demandé à Hégésippe Abélard De Saumon, notre poète local d’exprimer son sentiment sur cet évènement historique. Nous espérons que, comme nous, ces mots vous tiendront en joie !

Nicolas, tu es le soleil de notre vie,

Chevalier de fiel blanc, rien ne t’arrêtera, aucune force ne t’empêchera,

D’accomplir ta volonté. Tu sauveras notre peuple, malgré toi.

Tu es notre sauveur, car sans toi, c’est la France qui périra.

Il n’y en a pas d’autre. Tu ne l’as pas choisi, c’est ton destin.

Tel un phénix, tu renais de tes cendres du feu que les médisants journalistes

Avaient lancé contre toi. Toujours tu renaîtras. Tu es invincible.

Tel un lion, coiffé d’une crinière grise, tu étriperas

Tes vils adversaires : les Coppé, les Fillon, les Juppé

Et surtout, surtout, les infâmes socialistes, cette putréfaction rose,

Tu occiras avec ton épée étincelante sur ton chariot de feu.

Et tu réveilleras la France, ta Mère Patrie,

Tu la feras revenir au firmament des nations,

Là où elle aurait toujours dû être.

Et tu mâteras tous ces français indignes qui, tels des vers,

Rongent notre si beau pays et le putréfie.

Les chômeurs ? Au travail !

Les pauvres ? Au travail !

Les immigrés ? Au bercail !

Les roms ? A la frontière !

Et tous les socialistes, écologistes, communistes,

Tu mettras au pas, tel César soumettant les barbares.

Non mais !

Ah Nicolas, nous t’attendions,

Te revoilà !

Nicolas, notre sauveur !

Hégésippe Abélard De Saumon
Artisan ciseleur de mots

La femme du maire se venge en écrivant un livre

Un li
Couverture du livre de Germaine

Germaine Lajoie n’a pas l’habitude de garder sa langue dans sa poche. Quand elle a quelque chose à dire, elle le dit ! Et tant pis si ça blesse des personnes. Alors quand elle a appris que Fernand Broussard, son mari et accessoirement monsieur le maire de notre bonne commune de Tronchon, pratiquait la brouette irlandaise avec Huguette Labouche, sa voisine, son sang n’a fait qu’un tour. Elle a décidé pour se venger, d’écrire un livre dans lequel elle raconte toute la vérité sans fard ni honte.

En avant-première, le Petit Becquart publie, pour vous, les bonnes pages de ce pamphlet explosif qui ne manquera pas de faire scandale dans les milieux autorisés.

Avertissement : les lignes qui suivent pourraient choquer nos plus jeunes lecteurs. Aussi recommandons-nous à leur parents de les éloigner de leur téléphone mobile et de les mettre au bain ou de les occuper à faire leurs devoirs (ce qui ne leur fera pas de mal, soit dit en passant, les jeunes, c’est plus ce que c’était, c’est tous vraiment rien que des fainéants, y’a qu’à voir les chiffres du chômage).

Où l’on apprend que Fernand adore les Apéricubes*

« Fernand adore les Apéricubes. Il disait même que l’odeur du fromage, ça lui faisait avoir le zizi bâton. Aussi, tous les jours, je lui commandais sur Internet sa dose quotidienne de petits cubes et ensuite il les avalait comme si c’était des bonbons. Souvent, ensuite, il me forçait à me mettre à 4 pattes sur la table et il me troussait virilement. Franchement, se faire trousser dans les odeurs de fromage. C’est pas agréable ! »

* mais n’y aurait-il pas ici un rapport avec l’affaire des apéricubes ?

Qu’il lit le journal Le Monde

« Tous les matins, sauf le dimanche, Fernand faisait semblant de lire Le Monde. Il s’était abonné sur le compte de la mairie (et là, je dis pas qu’il y a abus de bien social, mais quand même !…) et le recevait par livreur. Ou par livreuse, devrais-je dire, car, comme par hasard, le livreur, c’était notre voisine Huguette Labouche, la bien nommée, si je puis me permettre, vu la forme de ses lèvres et l’usage qu’elle en faisait. Bien sûr, ce n’était pas le journal qui intéressait Fernand, mais Huguette et sa bouche en poire (d’ailleurs, il avait beau prendre un air concentré en fronçant le front, je voyais bien qu’il ne lisait que la météo et faisait les mots croisés, mais que les mots croisés, dans le Monde, c’est un peu plus dur que dans Télé Loisirs, donc que ça ne lui prenait pas beaucoup de temps pour le lire, le journal). Au départ, je n’avais pas bien compris ce qui se passait, mais ensuite la vérité a éclaté comme un feu d’artifice devant mes yeux ébahis. J’avais bien remarqué que, quand il lisait Le Monde, Jean-Pierre était toujours assis dans la cuisine, le ventre bien calé contre la table. Et devinez qui était dessous ? Je n’en dis pas plus. Vous m’aurez compris. »

Qu’il n’aime pas les pauvres

« Alors qu’il a toujours voulu faire croire qu’il aimait les pauvres, j’ai la preuve que c’est pas vrai. Souvent, Fernand disait que les pauvres, il leur faudrait un permis de se reproduire et qu’on leur retirerait aussitôt qu’on l’aurait inventé. Ca le faisait bien rire. C’est malin pour un fils de simple pêcheur. »

Par contre, qu’il aime bien l’argent

« Tout le monde connaît Fernand et pense que c’est un homme simple, humble, capable de résister aux tentations du monde moderne. Chez lui, pas de bling bling, ni de clang clang. Quand il s’habille, c’est chez Kiabi ou la Halle aux chaussures. Pour manger, il me demandait toujours d’acheter la marque Repères ou Leader, ou n’importe quelle marque pas connu où y’a pas de logo dessus et l’emballage est aussi attrayant qu’une porte de toilettes.
Et quand on partait en vacances, c’était pour aller au camping d’à côté, pour pas dépenser trop. Mais ça, c’est l’image qu’il veut se donner auprès de ses électeurs.

Car en vérité, Fernand est un véritable homme d’affaire qui sait transformer tout ce qu’il touche en euros sonnants et trébuchants. Et surtout, c’est un véritable vautour reprenant les idées des uns et des autres pour amasser facilement de l’argent. Facebook, par exemple, vous croyez que c’est Mark Zuckebergue ??? Mais non, c’est Fernand qui lui a soufflé l’idée. Et Mark, qui est vraiment un gentil garçon, lui reverse tous les ans des royalties que même la Reine d’Angleterre en aurait honte tellement ça fait de sous. Bien sûr, personne ne le sait, mais moi j’ai fini par le savoir parce qu’un jour il avait oublié d’éteindre son ordinateur. Et dedans, il y avait un email de Mark qui le suppliait de ne pas révéler qu’il est en fait nul en informatique contre 1 milliard de dollars ! Alors, vous me croyez qu’il est riche, Fernand, ou pas ? »

Bien entendu, le Petit Becquart ne saurait être susceptible d’être tenu responsable pour les propos qui sont énoncés ici.

Bonne lectures

Il vivait avec sa femme empaillée depuis 60 ans

Kevin Teufla, notre stagiaire
Kevin Teufla, notre stagiaire

Par Kevin Teufla, stagiaire (tous ses articles)

C’est à une vision d’horreur que furent conviés hier les pompiers suite à un appel des voisins d’un couple à la retraite de Clinchamp, petite commune de la Haute-Marne.

Mais que s’est-il passé dans cette maison alors que, comme d’habitude, tout semblait calme et sans aucun intérêt ?

Une idylle improbable

C’est en 1953 que Jean-Pierre rencontre Ginette Dessange (sans aucun rapport avec le coiffeur du même nom). Lui, plutôt petit, mal assorti de sa personne, légèrement bas du front, mais passablement doué de ses mains, exerce la profession de taxidermiste. Pour les habitants du village, il embaume chats, chiens, perroquets, autant de petits chef-d’oeuvres de taxidermie qui font la joie de leurs propriétaires jusqu’à leurs derniers jours. Elle, jolie, intelligente (détentrice d’un doctorat en philosophie et d’une chaire à la Sorbonne, majeure de promo à l’X, et cosmonaute intérimaire), une paire de seins que Lolo Frigida ne renierait pas. Tout de suite, c’est, entre la belle et la bête, le Quasimodo et l’Esméralda de la Marne, le coup de foudre, un soir de fête nationale à l’ombre des platanes de la place du village et au son de l’accordéon de René Roulette, ambianceur de soirées, rire et bonne humeur garantis.

Ils se mettent l’anneau au doigt dans la petite église de Clinchamp le 14 juin 1954 et dès lors, sans que personne ne put le prévoir, même pas Elisabeth Teyssier, leur vie ne sera plus qu’un enfer. Car Jean-Pierre a un secret qu’il est obligé de révéler à Ginette la nuit de noce. Il est doté d’un membre que les plus grands mammifères d’Afrique ne sauraient renier. Bien qu’agréablement surprise, Ginette ne peut que constater rapidement : ça coince ! Et ce qui aurait du être l’accomplissement suprême d’un amour parfait deviendra peu à peu la source du mal qui détruira leur vie.

Un mariage qui tourne au vinaigre

Au début, Ginette se fait compréhensive, elle qui n’a jamais connu d’autre amour que platonique, mais le temps passant, elle se demande tout de même, du fond de son laboratoire, si Jean-Pierre ne l’aurait pas un peu arnaqué. Car, le malheureux taxidermiste devait bien se douter que sa protubérance extravagante serait un obstacle à leur union. Ou alors, c’est qu’il était carrément con. Hypothèse que Ginette n’exclut pas tant le QI de son compagnon rasait le plancher des vaches. Mais en ce temps là, les femmes ne protestaient pas et se résigneaient. Elle fit donc contre mauvaise fortune bon coeur. Et ce n’est pas la jument qu’elle avait offerte à Jean-Pierre pour se défouler qui diminua sa frustration.

Bien au contraire ! Elle voyait s’éloigner sa jeunesse avec nostalgie sans qu’aucun homme ne put profiter de son corps ferme et doux. Mais comme il n’était pas dans son caractère de subir le sort sans protester, elle décida de se révolter. Avec un peu de bol et de maquillage, elle se trouverait bien dans les parages quelques étalons aux gonades pleines qui sauraient la combler. Ainsi Ginette, la nuit, devint Ginetta. Elle se pâvanait tard dans les bars jusqu’au petit jour. De rencontre en rencontre, elle rattrappa les années perdues avec une avidité sans fin. Sa réputation devint si grande que tout ce que la Haute-Marne comptait de mâles insatisfaits faisait le détour pour pouvoir avoir l’occasion de profiter des bienfaits de cette madone à l’esprit large et aux attentions prodigues.

empaillee

Ginette tombe dans la débauche

Mais il ne faut jamais tenter le destin trop longtemps. Et il arriva inévitablement ce qui devait arriver. Les rumeurs de débauche de Ginette finirent par résonner comme le tocsin aux oreilles de Jean-Pierre qui, pour en avoir le coeur net, utilisa de toute les ressources de son encéphale rabougri pour inventer un stratagème et obtenir, malgré elle, les faveurs de sa chère et tendre épouse, et de la démasquer. Pelle à tarte au col de chemise, pantalon moulant avec poutre apparente, fausse moustache et Rayban de police, un soir, il fit son entrée au Macumba où oeuvrait Ginetta. Doté d’un don inné pour la danse, il imita à la perfection, à l’endroit et à l’envers, les mouvements de hanches de John Travolta tel qu’il l’avait vu dans Grease et Saturday Night Fever. L’attention éveillée par ce magnifique inconnu, Ginetta déploya tout ses talents pour l’attirer dans sa propre escarcelle. Mais l’arroseur croyant arroser, ce fut la belle qui fut piégée. A l’instant où elle débraguetta son amant du jour, elle comprit son erreur.

Nul ne la revit depuis. Et des habitants des corons, seuls quelques vieux étalons d’autrefois se souvenaient avec une nostalgie coquine le nom de Ginetta.

Une conclusion bien triste

Ce n’est que hier, après avoir constaté depuis plusieurs jours qu’une odeur désagréable émanait du domicile de Jean-Pierre et Ginette, que les voisins s’étaient enfin décidés à prévenir les pompiers. Pour eux, Jean-Pierre et Ginette n’étaient qu’un petit couple à la retraite comme les autres.

« On ne voyait pas beaucoup la femme, dit une voisine, mais le mari était gentil. »

« C’est vrai que Ginette ne sortait plus depuis longtemps, dit une amie de longue date, mais elle avait toujours été très discrète. On trouvait ça normal qu’elle ne sorte pas. »

Et pour cause ! Depuis la fameuse nuit où Jean-Pierre démasqua Ginette, et après la découverte des pompiers, on imaginait mal que Ginette puisse ressortir un jour du domicile conjugal.

Ivre de colère et de haine, Jean-Pierre, alors qu’il venait de démasquer Ginette, n’eut plus qu’une idée en tête. D’un coup de bêche (il avait toujours une bêche avec lui), il frappa Ginette à la tête, tandis qu’elle découvrait l’objet de tous leurs malheurs. Il l’emmena ensuite chez eux dans le coffre de sa voiture, puis décida de donner à Ginette enfin tout le plaisir qu’elle lui demandait.

Armé de ses meilleurs outils, il vida le corps de sa belle et lui donna une forme définitive aussi bien qu’il l’avait déjà fait pour des centaines d’animaux.

Et pour qu’enfin ils se retrouvent, il la munit d’un organe génital adapté à la taille de son membre ! Ainsi Ginette et Jean-Pierre pourraient-ils enfin s’unir selon les meilleures promesses du mariage. Avantage non négligeable pour Jean-Pierre, Ginette, grâce à la magie de ses mains, resterait toujours jeune.

Et c’est dans un de ces moments de fusion que les pompiers découvrirent le cadavre de Jean-Pierre dans Ginette. Son coeur, visiblement, n’avait pas tenu le choc lors d’un accouplement ultime. Et il était resté, un rictus de bonheur aux lèvres, coincé dans les bras de sa belle empaillée. Plus de deux heures furent nécessaires aux soldats du feu pour séparer les deux amants.

Ah l’Amour !