Stop à la GAFA dépendance !

Je suis européen, j’ai toujours cru en l’Europe, et j’y crois encore. Je crois à une communauté qui soit différente de la communauté nord américaine, avec des valeurs différentes propres à notre continent.

Mais pour moi, qui travaille dans le web, je suis confronté tous les jours à l’ultra-domination américaine. Tous les jours j’utilise des services et des produits de sociétés qui, c’est de notoriété publique, échappent à la taxation européenne.

Et je vous avoue que ça me scandalise, moi, petit entrepreneur, qui doit payer chaque trimestre des charges, chaque mois la TVA, et tout un tas d’autres taxes étranges et inconnues, et cela sans espoir aucun, d’avoir le temps de faire des montages fiscaux pour diminuer mon taux d’imposition.

Alors peu à peu, je décide, dans la mesure du possible de boycotter les sociétés américaines, quand elles ne fournissent pas un meilleur service que les sociétés françaises ou européennes.

Voilà où j’en suis :

  • Google : j’utilise Qwant depuis plus d’un an et j’en suis parfaitement satisfait. Je serai très heureux où il sera par défaut accessible via mon iPhone.
  • Google Map : j’ai renoué avec Mappy que j’ai redécouvert il y a quelques mois et qui me rend les mêmes services
  • Amazon : je commande désormais sur Cdiscount à titre perso et sur Lyreco (ou autres) à titre pro

Cette liste n’est pas exhaustive et il y a aussi des domaines où, pour l’instant, les choix sont très limités. Par exemple, j’utilise du matériel Apple, car je n’en vois pas de meilleur à l’heure actuelle. Mais, j’avoue que je suis tenté de laisser tomber mon iPhone pour un Samsung, du moment qu’il ne m’explose pas à la figure 😉

Pour les réseaux sociaux, malheureusement, je trouve pour l’heure impossible de s’extirper de Facebook, LinkedIn et Twitter. A mon avis, il n’y a pas beaucoup d’espoir de ce côté là…

« Préférence nationale », me direz-vous ? C’est vrai que j’essaie de privilégier les entreprises françaises, en espérant que leur taxation retombera dans les services publiques français. Mais plus globalement, ma position est de préférer de manière générale les entreprises européennes aux extra-européennes.

Et vous ? Où en êtes-vous de votre GAFA-dependance ?

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L’admiration baba de la Sillicon Valley permet-elle de tolérer toutes les pratiques commerciales ?

Taxi Parisien
Photo de Alejandro Polanco (cliquez pour agrandir)

En France et en Europe, j’ai l’impression, qu’on aime bien se tirer des balles dans le pied. On peut sans contradiction admirer  des entreprises étrangères, des réussites phénoménales, selon des critères entrepreneuriaux, dont pourtant l’agressivité, la moralité, voire l’honnêté vont à l’encontre de tous les intérêts de nos propres entreprises. Je ne prendrais pas ici l’exemple de Amazon, tant il est galvaudé, mais de celui d’Uber qui fait aujourd’hui l’actualité, et de son service Uber Pop qui crée une concurrence (à vous de juger ou pas) déloyale envers les taxis.

Qu’est-ce qui cloche avec Uber Pop ?

Ce n’est pas tant l’innovation, la mise en place d’un service surfant sur un besoin réel des utilisateurs et jouant sur le rejet d’un secteur (les taxis parisiens) totalement conservateur et campé sur ses avantages aquis de longue date et jugé, souvent, totalement abusif.

Le débat, pour moi, n’est pas de savoir s’il faut modifier la législation à propos des taxis, qu’ils soient parisiens ou pas. Ou de savoir s’ils font bien ou pas leur boulot. Ou s’ils sont trop chers ou pas. Mais plutôt de dénoncer une entreprise, Uber, qui marche allégrement sur toutes les platebandes de la loi avec un cynisme époustouflant et un mépris total des gens sur qui elle fait son beurre.

A Paris, en tout cas, et comme le répète cet article du Monde, le sujet qui fâche, c’est le maraudage, réservé en principe uniquement aux taxis, mais, en pratique, largement utilisé par les chauffeurs d’Uber. Il est donc interdit par la loi pour ces derniers. Mais comme les décrets d’applications qui doivent permettre de la faire appliquer ne sont pas parus, cette loi reste lettre morte. Et pendant ce temps Uber en profite. En continuant à gagner de l’argent, en faisant travailler illégalement des gens, avec un risque somme toute limité. Car, que peut faire en l’état véritablement la France contre cette société ? Apparement, pour l’instant, pas grand chose.

Ca s’appelle tout simplement de la triche

Mieux encore (ou pire) ! Non seulement Uber exerce une activité illégale, mais en plus, elle ne paye pas de charges sociales ou de retraites à ses chauffeurs, puisque son siège est basé aux Pays Bas. Dès lors, on comprend mieux le succès d’Uber. En ne payant pas ce que paye ses concurrents, elle ne peut que gagner. Ca s’appelle tout simplement de la triche, mais ça ne semble pas émouvoir les admirateurs béat de la Sillicon Valley. Il n’y a aucun miracle, sinon dans la capacité des startup américaines à passer par les moindres mailles des filets législatifs européens qui leur laissent le champ libre pour bouleverser un marché et s’en emparer.

Deux leçons à en tirer :

1) Arrêtons de croire que les américains sont plus audacieux, imaginatifs que les européens. Ils ont juste de meilleurs avocats 🙂

2) Redoublons d’efforts pour bâtir l’Europe ensemble, et non pas les uns contre les autres.

On verra ensuite si les Amazon, Google, Apple, etc… arriveraient aussi bien à dominer les marchés européens.